C’est, en effet, ce qu’on pourrait dire à propos de la décision du ministère de l’Education nationale à ne pas se précipiter pour annoncer une date pour la rentrée des classes et le retour de millions d’élèves aux écoles, collèges et lycées du pays. A force d’éviter d’annoncer rapidement ce grand jour, le département de Mohamed Oudjaout semble être à l’écoute du meilleur son de cloche et de la meilleure proposition pour une reprise des cours sans risques sanitaires en ce temps de Covid-19. Une indication domine cependant, selon les déclarations du ministre, qui s’appuie sur les propositions des partenaires sociaux : la rentrée pourrait avoir lieu le 8 novembre prochain.

«La date de la rentrée des classes n’est pas encore fixée, mais nous nous concertons avec les partenaires sociaux pour la mener à bien», a précisé hier le ministre de l’Education nationale au sortir de la réunion qu’il a eue avec les syndicats et les partenaires sociaux du secteur.
Mohamed Oudjaout a expliqué cette prudence, car c’en est une au vu des risques que peut avoir une absence de maîtrise des règles de prévention et de protection contre le coronavirus, par «le souci de préserver la santé et l’intégrité des élèves et de tout le personnel travaillant dans les établissements d’enseignement». «Nous ne voulons pas mettre en péril la santé de nos enfants, de leurs parents et de l’ensemble du personnel travaillant dans les établissements d’enseignement», a-t-il indiqué, avant d’ajouter que «c’est la raison pour laquelle, nous nous concerterons autour des mesures exceptionnelles possibles, à même d’organiser la scolarité des élèves, afin que les solutions proposées soient adéquates, tout en prenant compte des spécificités de chaque cycle et chaque établissement d’enseignement en termes de nombre d’élèves scolarisés».
Le ministre de l’Education nationale a précisé que toutes les hypothèses possibles ont été mises sur la table et qu’un nombre de propositions a été retenu pour l’organisation de la scolarité durant cette nouvelle saison 2020-21. Aucune décision finale n’a cependant été prise «en la matière», a-t-il informé dans une logique qui tend vers l’attente d’un ultime arbitrage du gouvernement. L’Exécutif, a relevé Mohamed Oudjaout, devrait se réunir incessamment et faire le point sur le dossier en fonction de la synthèse que fera son département de la consultation d’hier avec les partenaires sociaux.
Le ministre a fait savoir qu’il accordait «une grande importance aux propositions des partenaires en la matière, lesquels sont au contact permanent avec l’élève». Il s’est dit «convaincu» de parvenir, dès le parachèvement des concertations avec l’ensemble des partenaires sociaux, à «une solution qui satisfasse les élèves et leurs parents et rassure la corporation de l’Education». Or, la majeure partie des partenaires conviés à la réunion d’hier ont proposé, selon les échos qui nous sont parvenus, la date du dimanche 8 novembre prochain, soit une semaine après le référendum sur la révision constitutionnelle. Il reste maintenant au gouvernement de confirmer ce choix avec l’appel au «respect du protocole sanitaire». Toujours selon les échos qui nous sont parvenus de source syndicale, M. Ouadjaout privilégie de dispenser des cours avec des groupes ne dépassant pas les 20 élèves, en évoquant la double vacation. Il a proposé à cet effet d’exploiter toutes les salles des établissements scolaires y compris les laboratoires et les salles dédiées à l’enseignement de l’informatique. Il a également recommandé d’adapter le programme pédagogique et de se focaliser sur les matières essentielles et de réduire le volume horaire de chaque cours à 45 mn pour les cycles du secondaire et du moyen.
Dans un commentaire sur la consultation d’hier, l’Unpef estime que la décision d’arrêter une date pour la prochaine rentrée scolaire ne dépend pas uniquement du département de l’Education nationale. Le syndicat rappelle qu’avant M. Ouadjaout, le président de la République avait indiqué que la décision est entre les mains du comité scientifique chargé du suivi de la pandémie.