Il n’y avait pas beaucoup de têtes brunes qui portaient la bavette en ce jour de rentrée scolaire, après plus de huit mois de farniente. La raison peut être d’ordre pécuniaire, mais «je pense que c’est plutôt une affaire d’apprentissage de l’enfant de ce geste de prévention», nous dira Ahmed, un cadre de l’Education qui accompagnait son fils à l’école dans le centre-ville. Plus détendue, une mère essaie tant bien que mal d’ajuster le masque protecteur sur le visage menu de sa petite fille. Un problème qui fait sourire, mais atteste de la taille trop évasée pour les enfants, surtout les moins de 10 ans. Mais qu’à cela ne tienne. La rentrée de tous les risques est bien là et il faut attendre au moins une dizaine de jours pour voir si l’afflux des enfants vers les écoles va booster ou non la multiplication du virus de la Covid-19.
Pour les parents, c’est un mélange d’inquiétude, de trouble, d’incertitude et quand même un peu d’apaisement, qui caractérise cette rentrée scolaire pas comme les autres. La principale angoisse concerne surtout l’hygiène «garantie» par les pouvoirs publics, mais qui n’était pas au rendez-vous partout, comme souligné par certains échos d’Ali-Mendjeli. Au niveau du chef-lieu de wilaya et pour la quasi majorité des écoles, ce sont des sourires de satisfaction chez les parents. Le programme affiché et appliqué a déridé plus d’un père angoissé ou une mère tourmentée. Et pour cause, le nombre d’élèves dépasse rarement la douzaine. A l’école Mouloud-Belabed (ex-Arago), à Souika, les écoliers de première année sont 5 par classe. Ce n’est pas un excès de zèle dans l’application des directives de la Direction de l’Education, mais surtout parce qu’à Souika il n’y a presque plus d’habitants, la plupart ont été transférés vers Ali-Mendjeli et Massinissa. Et c’est justement dans ces deux nouvelles villes que les protocoles sanitaires risquent de buter sur le nombre très important d’apprenants du cycle primaire. De son côté, le Directeur de l’Education, Mohamed Bouhali, reste mitigé, même s’il garantit qu’aucune surcharge ne sera enregistrée. «Tous les établissements scolaires ont été pourvus en appareils de désinfection», nous dira-t-il. «Mais la suite on ne la connaît pas du fait de la disparité des moyens de chaque commune, le responsable majeur pour l’assurance du prolongement des opérations de désinfection». Les chiffres sont là, têtus. La Direction de l’Education annonce 124 000 élèves inscrits dans les trois paliers. Plus de 24 000 dans le primaire, répartis sur 412 écoles. On ne connaîtra pas le nombre de classes, mais les années précédentes, Ali-Mendjeli enregistrait le chiffre ahurissant d’une moyenne de 50 élèves par classe, le nombre d’écoles n’ayant pas suivi le rythme des opérations de relogement. Nous reviendrons sur le problème d’hygiène, de cantines et de personnels dans quelques semaines pour faire le bilan de cette rentrée scolaire exceptionnelle. <