Moins de deux semaines après la rentrée scolaire 2022-23, des syndicats du secteur continuent de dresser un constat alarmiste. Des insuffisances qui risquent de peser lourd sur le déroulement de la rentrée scolaire.

PAR MILINA KOUACI
L’Organisation nationale des professeurs de l’Education constate une pression au niveau des établissements due aux mauvaises conditions dans lesquelles s’est déroulée la rentrée. Un des points noirs dénoncés par le syndicat enseignant est la surcharge des classes après le retour à l’organisation scolaire normale.
Il qualifie la rentrée scolaire 2022-23 de « la plus difficile » en raison du retour au système d’enseignement habituel qui a généré une surcharge des classes dans les trois cycles, dans un communiqué rendu public. Dans certaines classes, l’effectif a dépassé 55 élèves, conjugué à la réduction des postes d’enseignants dans plusieurs directions de l’éducation. Ce qui a compliqué la tâche des enseignants, dénonce la même source. Il demande ainsi au ministère de mettre en place un plan opérationnel pour résoudre ce problème « radicalement », et cesser la politique de « bricolage » qui entrave l’opération pédagogique et met sous pressions l’enseignant et l’élève.
Concernant l’allégement du poids du cartable, l’ONPE regrette que les écoles primaires ne possèdent pas de tiroirs de rangement et que la 2ᵉ version du livre scolaire pour les élèves de 3ᵉ, 4ᵉ et 5ᵉ Années Primaires n’a pas été distribuée dans nombre d’écoles ainsi que la non-définition de la mission des superviseurs. « Les mesures devant contribuer à l’allégement du poids du cartable ne sont pas mises à la dispositions des écoles. Nous demandons de régler la situation et de recruter des superviseurs en fonction du nombre des élèves », ajoute la même source.
La formation syndicale de Boudjemaa Chihoub applaudit la décision de l’introduction de l’anglais dans le cycle primaire et l’adoption du critère de « compétence » pour le recrutement des enseignants d’anglais.
Toujours dans le volet pédagogique, le syndicat demande à sa tutelle de concrétiser les promesses tenues lors d’une rencontre bilatérale le 13 février, notamment, celle liées à la révision du programme et aux matières de l’identité. Le ministère a promis d’entamer des réformes profondes conformément à la référence religieuse et historique en application des instructions du Président et de la loi d’orientation de l’Education. « Nous regrettons le retard accusé pour l’amorce des réformes et l’absence d’un calendrier fixe pour son application, ce qui constitue un danger pour nos enfants », met en garde le syndicat qui insiste sur l’importance de réviser les programmes et restructurer le secteur. S’agissant de la situation sociale des travailleurs, le syndicat fait état de la colère des enseignants dans ce contexte de détérioration du pouvoir d’achat et le contexte économique et social préoccupant des enseignants.
Il demande au gouvernement de précipiter l’application des instructions du président de la République pour l’amélioration du pouvoir d’achat. Il demande dans le même contexte, de réviser le décret des indemnités pédagogiques à 90% en urgence, que le ministère a promis de le relever à 60% l’année passée.
Concernant le statut particulier des travailleurs du secteur, il indique que le comité mixte chargé du dossier n’a pris en compte aucune des propositions du syndicat, insistant sur l’obligation de prendre en considération nos propositions notamment, l’unification des critères de classification, la dispense des enseignants du primaire des tâches extra pédagogiques et réclame le droit à la promotion automatique. <