La date de reprise des enseignants et du personnel de l’administration a été avancée d’une semaine, sans préciser celle de la rentrée scolaire 2022-2023. Le fait que le ministère de l’Education nationale n’ait pas encore fixé de date pour la rentrée des élèves suscite les interrogations des syndicats qui dénoncent pour la énième fois les décisions «unilatérales» de la tutelle.

PAR MILINA KOUACI
Le ministère de l’Education a annoncé, mercredi, que les dates de reprise des personnels administratifs de l’éducation et des enseignants ont été fixées respectivement pour le 28 et le 31 août. D’habitude, le ministère dévoile dans un seul communiqué la date de reprise des fonctionnaires et des élèves. Mais cette fois, il a dérogé à la règle. Le lancement de l’année scolaire, selon le Syndicat national des directeurs des écoles primaires (Snadep), a été fixé initialement pour le 21 septembre, mais en avançant d’une semaine la date de reprise du personnel du secteur, la tutelle suscite des interrogations parmi les syndicats et les parents d’élèves. Des syndicats ont dans ce sens manifesté leur «incompréhension et leur colère » de n’avoir pas été associés aux concertations et à la prise de décision, alors que la rentrée concerne un million de travailleurs et plus de 10 millions d’élèves.
Les syndicats se demandent en particulier si le ministère de l’Education reconduira l’enseignement par répartition de groupe ou décidera d’une organisation scolaire normale. Cette année, le ministère accueillera au total 10 977 642 élèves, tous cycles confondus, répartis en 353 175 groupes pédagogiques et seront encadrés par 529 826 enseignants, avait précisé le ministre de tutelle Abdelhakim Belabed en juillet dernier. Les syndicats demandent ainsi d’ouvrir des postes budgétaires et de construire de nouvelles structures pour faire face à la surcharge des classes. Le Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef) estime toutefois que le ministère accuse un retard dans la réception des nouvelles écoles et des cantines qui seraient en cours de construction. Ce qui accentuera «inéluctablement », poursuit le syndicat, le problème de surcharge des classes qui revient annuellement, sachant que la commission ministérielle chargée de la réalisation des établissements éducatifs se réunira en session extraordinaire du 24 août au 6 septembre prochain.
Pour rappel, le ministre de l’Education Abdelhakim Belabed a affirmé, récemment, que la prochaine rentrée scolaire «sera d’autant plus exceptionnelle que le secteur de l’Education connaîtra d’importantes nouveautés, ce qui en appelle à une préparation minutieuse, une présence sur le terrain et davantage de vigilance». n