Près de 11 millions d’élèves reprennent aujourd’hui le chemin de l’école alors que le contenu et la qualité de l’enseignement et de sa faculté à façonner les élites de demain et à préparer au marché du travail sont plus que jamais au cœur des enjeux de l’Education nationale.

PAR MILINA KOUACI
Une rentrée scolaire 2022-23 marquée par le retour à la normale après deux années de pandémie Covid-19 et l’introduction de nouveautés dans les cycles primaire et secondaire.
Le secteur de l’Education nationale accueille à partir d’aujourd’hui un total de 10 977 642 élèves, dont 425 625 qui rejoignent les bancs de l’école pour la première fois, soit une hausse de près de 4,3%.
Ce cycle verra pour cette rentrée plusieurs nouveautés, notamment l’introduction de la langue anglaise pour les classes de 3e année, outre la prise de mesures devant alléger le poids du cartable en application des instructions du Président de la République. Parmi les mesures décidées, figure la dotation de 1 629 écoles en tablettes électroniques, dans une première étape, en attendant la généralisation progressive de l’opération.
Dans l’objectif d’alléger le cartable, un deuxième exemplaire du manuel scolaire « Kitabi » (mon livre) pour les 3e, 4e et 5e année primaire sera conservé au niveau des établissements. En effet, pas moins de 3 millions d’écoliers (de la 1re à la 3e année primaire) bénéficieront, ainsi, d’un deuxième exemplaire du manuel scolaire, un livre téléchargeable d’ailleurs en format numérique.

Plus de 500 000 enseignants pour l’encadrement pédagogique
En juillet dernier, le ministre de l’Education nationale Abdelhakim Belabed avait indiqué que les élèves seront encadrés par 529 826 enseignants, des trois cycles, dont 207 696 au primaire, 188 253 au moyen et 119 104 au secondaire.
Une annonce faite avant que le ministère n’annonce un plan de recrutement pour l’enseignement de l’anglais dans le cycle primaire, suite à l’instruction du président de la République donnée, en juin dernier, à l’issue d’un Conseil des ministres, d’adopter la langue anglaise à partir du cycle primaire pour « aller vers l’universalité ».
Au total, plus de 5 000 enseignants contractuels ont été recrutés pour enseigner l’anglais aux élèves de troisième année primaire à travers plus de 20 000 établissements scolaires. Les nouveaux enseignants ont suivi une formation préparatoire sur « la méthodologie d’enseignement de la langue anglaise, la psychologie de l’enfant, ainsi que la législation scolaire, la gestion des valeurs et les pratiques pédagogiques ». Ainsi les élèves du primaire seront encadrés par plus de 212 696 enseignants.
Concernant le livre scolaire, les services concernés ont annoncé la finalisation d’impression du manuel dédié à l’enseignement de cette matière, intitulé « My book of english » (mon livre d’anglais). Un manuel dont la conception a été confiée au Conseil national des programmes et validée par le ministère de l’Education nationale. Ce manuel est également disponible « en version braille » pour permettre aux élèves malvoyants d’apprendre cette langue.

Une filière Arts au lycée
Une filière Arts, composée d’un tronc commun arts et d’un tronc commun sciences et techniques est introduite cette année pour les élèves de 2e année de l’enseignement secondaire général et technologique. Cette filière qui se déroule sur deux années d’études comporte quatre spécialités au choix, à savoir musique, arts plastiques, théâtre et cinéma audiovisuel. Les élèves de 2e année secondaire orientés vers cette filière étudieront des matières dans le domaine des arts, en plus des matières habituelles, un parcours devant être couronné par un baccalauréat artistique dans l’une de ces 4 options.
Les préoccupations du partenaire social
Le ministère de l’Education nationale a rassuré à maintes reprises que « toutes les dispositions liées à la prochaine rentrée scolaire ont été prises pour accueillir environ 11 millions d’élèves dans les meilleures conditions. Cependant, le partenaire social n’hésite pas à exprimer ses « appréhensions et préoccupations », notamment, quant à la surcharge des classes. Pour les acteurs sociaux, le manque et le retard de livraison des infrastructures aggraveraient le problème, notamment, avec le retour à la normale. « Nous redoutons le problème de la surcharge et ses conséquences sur les enseignants et les élèves», indique Abdelouahab Lamri Zegar, porte-parole de l’Unpef, qui reproche au ministère de plaider en faveur du retour à l’organisation scolaire normale sans concertation avec les partenaires sociaux. Une préoccupation partagée par plusieurs syndicats qui redoutent « l’aggravation » du problème de surcharge des classes, alors que le ministre de tutelle a assuré « qu’il n’y aura pas de surcharge. « Nous avons mis en place des solutions dans certaines wilayas, dont les écoles connaissent une surcharge », a déclaré M. Belabed, tout en assurant que les solutions existent pour que cette année scolaire ne connaisse pas ce phénomène.
D’ailleurs, le ministre a fait état de la réception de nouveaux établissements devant contribuer à réduire la surcharge des classes. Le nombre des infrastructures pédagogiques, a précisé le ministre, passe de 28 457 à 28 839 écoles pour cette rentrée (20 272 primaires, 5 509 collèges et 2 658 lycées).

Les cantines ouvertes dès le premier jour
Le taux de couverture des établissements scolaires par les cantines avoisine les 90%. Le ministre de l’Education a exprimé son attachement à la nécessité d’ouvrir les cantines dès la rentrée scolaire, et de fournir des repas chauds aux élèves. Le secteur de l’Education prévoit la réception de 587 cantines scolaires au cycle primaire, 86 nouveaux établissements au régime de demi-pensionnat (59 au cycle moyen et 27 au secondaire), en plus de 13 établissements au régime d’internat en prévision de cette rentrée scolaire. Dans le domaine de la solidarité sociale, M. Belabed a affirmé que plus de 4 millions d’élèves bénéficieront de manuels scolaires gratuits, et de la prime de solidarité scolaire estimée à 5 000 DA.