C’est dans un contexte dominé par la pandémie de coronavirus et ses nombreuses conséquences, pour la deuxième année consécutive, et auquel se greffent d’autres problèmes dont font part les syndicalistes que débute, aujourd’hui, l’année scolaire 2021-22.

PAR INES DALI
Ils sont près de 10 millions d’élèves à rejoindre les bancs de l’école, répartis à travers quelque 27 000 établissements entre cycles primaire, moyen et secondaire.
Comme l’année dernière, et pour garantir le respect du protocole sanitaire en raison de la pandémie de la Covid-19, les cours seront dispensés par groupes d’élèves afin de maintenir la distanciation d’un mètre entre les tables à raison d’un seul élève par table. De même que l’hygiène doit, à tout moment, être garantie dans les établissements, sans oublier la poursuite de la vaccination des travailleurs afin d’éviter la propagation du coronavirus et prémunir l’ensemble du personnel (enseignants, administratifs et autres agents), les élèves en premier lieu.
Mais qu’en est-il en réalité ? A la veille de la rentrée scolaire, hier, les syndicalistes ne se sont pas montrés très optimistes quant aux conditions dans lesquelles intervient cette reprise, estimant d’emblée que ce sera «une année difficile pour la tutelle et pour le personnel ». Citant des problèmes pédagogiques, un déficit en matière d’enseignants, mais aussi en moyens pour assurer le protocole sanitaire exigé, tout en rejetant fermement toute éventuelle obligation de la vaccination du personnel réticent à se faire administrer l’anti-Covid-19.
Présentant la situation, le porte-parole du Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Cnapest), Messaoud Boudiba, a affirmé que la présente rentrée est confrontée à de «nombreux défis», à savoir «fournir des moyens matériels et humains nécessaires», dont «les moyens relatifs au protocole sanitaire» à mettre en place dans les écoles, surtout en cette période où même l’eau se fait rare, ainsi que «l’ouverture de postes budgétaires pour alléger la charge pesant sur les enseignants». Pour ce faire, il a lancé un appel à l’adresse des autorités à «prévoir un budget adéquat pour relever ces défis».

Déficit d’enseignants dans certaines matières
Avec le système de dispense des cours par répartition des élèves d’une classe en deux ou trois groupes, certains enseignants se retrouvent avec un volume horaire de 35 heures, alors qu’ils peuvent être soulagés si des recrutements avaient été effectués. Il y a également lieu de citer un déficit d’enseignants dans plusieurs matières dans certaines wilayas, comme le français pour l’enseignement primaire, les mathématiques et la physique pour le moyen et les mathématiques, la physique, l’histoire et la géographie pour l’enseignement secondaire.
Le concours de recrutement qui devait être organisé par le ministère de l’Education nationale n’a pas eu lieu, ce qui aura pour conséquence de «surcharger les enseignants au risque de causer une saturation», a affirmé Boualem Amoura, secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef), rejoignant, ainsi, Messaoud Boudiba, qui a soutenu ne pas souhaiter voir se reproduire les problèmes vécus par les enseignants durant la précédente année scolaire. Il a fait savoir que son syndicat a émis des propositions au ministère de l’Education nationale, en premier lieu «la nécessité d’ouvrir de nouveaux postes budgétaires pour toutes les filières, afin d’alléger la charge qui pèse sur les enseignants». Il y a lieu de noter que les enseignants n’ont toujours pas reçu leur emploi du temps, selon le secrétaire général du Satef, qui soulève, par ailleurs, un autre problème, celui des cantines scolaires qui doivent préparer des repas aux élèves dès aujourd’hui. Dans ce cadre, il met le doigt sur un problème de taille, celui de l’inflation des produits alimentaires qui ont vu leur prix augmenter de façon vertigineuse, ce qui influe, incontestablement, sur le budget alloué aux cantines scolaires. Les fournisseurs avec lesquels des contrats ont été signés l’année dernière ne pourront plus les satisfaire aux mêmes prix d’où les contrats seront forcément résiliés, les fournisseurs n’acceptant pas de travailler à perte.

Près de 11% seulement du personnel de l’Education nationale vaccinés
L’autre souci qui préoccupe, également, les syndicats, c’est la vaccination du personnel réticent. Ils ne se disent pas contre la vaccination dans le principe, mais contre l’obligation de le faire. Il est utile de relever que jusqu’à présent, il n’y aucune obligation dans ce sens, même si les professionnels de la santé sont nombreux à attirer l’attention sur les dangers de la non-vaccination en milieu scolaire, risquant de faire des écoles des foyers de contamination de la Covid-19, surtout qu’actuellement, c’est le variant Delta à très haute contagiosité qui prédomine. En outre, la vaccination des enfants de plus de 12 ans ne pourrait avoir lieu sans la vaccination des adultes, ont expliqué à maintes reprises les spécialistes.
La réticence est toujours présente parmi le personnel de l’Education nationale puisque, selon le bilan présenté hier, ils ne sont pas nombreux à avoir eu leurs doses de l’anti-Covid-19, alors que cela fait pratiquement un mois qu’une opération spéciale, en leur faveur, a été mise en place dans les établissements scolaires, outre les autres espaces de vaccination. «L’opération de vaccination des personnels de l’Education nationale contre la Covid-19 a touché, jusqu’à dimanche, à plus de 80 000 employés, fonctionnaires et enseignants, soit près de 11% des 740 000 que compte le secteur», a fait savoir le directeur de soutien aux activités culturelles, sportives et de l’action sociale au ministère de l’Education nationale, Abdelouahab Khoulalane, dans une déclaration hier à l’APS.
Le bilan arrêté au 8 septembre dernier et annoncé par ce même responsable faisait état de la vaccination de 62 000 travailleurs contre le coronavirus, soit 8,5%.
Le nouveau taux comptabilisé, onze jours plus tard, soit dimanche 19 septembre, fait ressortir une progression assez timide de la vaccination du personnel éducatif, alors que l’opération a débuté le 22 août dernier. Mais M. Khoulalane reste confiant. Pour lui, cette opération se déroule dans «des conditions normales et avance à un rythme très encourageant», soutenant que «maintenant que l’ensemble du personnel regagne son poste, le parachèvement de la vaccination se poursuivra dans les prochains jours pour une année scolaire sûre dans le cadre du respect des mesures préventives contre la propagation de la Covid-19», réitérant son appel en direction du personnel réticent à faire montre de responsabilité.