La rentrée scolaire 2020-2021 qui a débuté hier pour les élèves du cycle primaire s’est déroulée dans de bonnes conditions et dans le respect du protocole sanitaire exigé en cette période de pandémie de coronavirus. Cependant, des défaillances ont été enregistrées en matière notamment de désinfection des établissements par les communes et la mise à disposition d’autres moyens de prévention contre le coronavirus.

PAR INES DALI et MILINA KOUACI
C’est ce qui ressort du premier jour de la reprise des classes pour près de 5 millions d’écoliers après une rupture qui a duré plus de sept mois après la fermeture des établissements scolaires le 12 mars dernier.
Le coup d’envoi de cette rentrée scolaire bien particulière a été donnée par le Premier ministre Abdelaziz Djerad, depuis la wilaya de Batna, où il a insisté sur l’impératif de «respecter les mesures de prévention» contre le coronavirus conformément au protocole sanitaire adopté, appelant les parents d’élèves à «soutenir et appuyer les staffs pédagogique et administratif pour préserver la santé des élèves».
D’une façon générale, les syndicats de l’éducation nationale font état d’un début d’année scolaire qui s’est déroulé dans des «conditions satisfaisantes dans l’ensemble, avec une bonne organisation au sein des écoles», si ce n’est des «défections» constatées çà et là. Le porte-parole de l’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation (UNPEF), Abdelouahab Lamri Zegga, et le coordinateur du Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest), Meziane Meriane, l’ont tous deux souligné.
Lamri Zeggar a affirmé que la rentrée scolaire s’est déroulée «normalement si ce n’est les signes évidents de précaution» et dans le «respect du protocole sanitaire». Même si cette rentrée est tout à fait singulière, «il nous est apparu qu’elle s’est passée normalement. De même, nous avons constaté que le protocole sanitaire a été respecté au sein des établissements. Il y avait la distanciation physique, le port du masque, etc.», a-t-il dit. «Tout s’est passé dans de bonnes conditions», selon Lamri Zeggar qui a tenu, en même temps, à relever que ce n’est malheureusement pas le cas dans toutes les écoles primaires du pays.
Des directeurs d’écoles ont informé les syndicats que pour de nombreux établissements, les communes n’ont pas dépêché des équipes de désinfection, «comme si cela ne les concernaient absolument pas !». «Il reste des problèmes au niveau de certaines écoles primaires. Des problèmes qui ne peuvent pas être solutionnés par les directeurs d’établissement, mais par les communes. Ces dernières n’ont même pas fourni les moyens d’hygiène et de désinfection. Cela n’est pas visible dans les grandes villes ou les chefs-lieux de wilayas, mais c’est dans les zones enclavées que ça se passe. Il y a des communes qui n’ont même pas procédé la désinfection des écoles», a-t-il relevé. Il a indiqué que c’est le cas dans des communes de plusieurs wilayas, citant «Sidi Bel Abbès, Khenchela, Médéa, Mila, Tizi Ouzou, Béchar et autres».
C’est pratiquement le même constat du coordinateur du Snapest, Meziane Meriane. «Les conditions sanitaires de la reprise selon les échos qui me sont parvenus sont globalement satisfaisantes. Même dans écoles que j’ai visitées, j’ai vu une bonne organisation avec respect de la distanciation physique, etc. Mais on ne peut pas généraliser à partir de quelques écoles seulement. Il faut voir au niveau de l’ensemble des écoles du pays», a-t-il dit, relevant lui aussi que «ce sont plus les communes qui n’ont pas rempli leur mission notamment celle consistant en la désinfection des établissements scolaires et la mise à disposition des lieux».
Ainsi, les élèves ont rejoint les bancs de l’école sans qu’il y ait eu désinfection des lieux, alors que dans les recommandations du gouvernement il avait été clairement dit que celle-ci devait avoir lieu 72 heures avant la rentrée scolaire.
C’est le même constat qui est établi par la Coordination des enseignant du primaire qui estime que les conditions préalables à la réouverture des écoles tels qu’édictées dans le protocole sanitaire n’ont pas été assuré au premier jour de la rentrée scolaire dans plusieurs établissements du primaire. Le responsable de la Coordination d’Alger ouest, Bachir Kiouas a noté qu’«un nombre considérable d’écoles n’a pas été pourvu en moyens de prévention censés protéger l’élève et le personnel de l’éducation contre l’épidémie de coronavirus».
«Nous craignons sur la santé des élèves car le protocole sanitaire n’est pas mis à exécution», a-t-il ajouté, déplorant au passage certaines insuffisances au sein des écoles et certains comportements devant les écoles. Il cite, entre autres, «des regroupements devant l’entrée des écoles, l’absence de staff de la santé pour un éventuel travail de sensibilisation, et le manque de l’eau courante». «On constate un manque flagrant en moyens de sensibilisation mis à part quelques écriteaux et des enseignes au sein des établissements scolaires», a-t-il indiqué, notant ainsi que «l’enseignant qui est au premier rang est complètement désarmé».
Il y a lieu de noter, par ailleurs, qu’une enseignante dans une école primaire à Oran a tenté d’alerter sur la situation hygiénique de l’établissement, en dévoilant que «ce sont les enseignants qui payent». Elle a également révélé que «c’est un parent d’élève qui a payé 25.000 DA pour rétablir, nettoyer les sanitaires et remplir la citerne». Le plus déplorable, c’est que les doléances des enseignants ne sont pas prises en charge. «Lorsque nous alertons sur notre situation, on nous rétorque ‘’on ne peut rien vous faire, nous n’avons pas de budget’’ !», a-t-elle encore affirmé. Ainsi, les disparités persistent au niveau de la prise en charge des écoles. Une situation sur laquelle les autorités concernées devraient se pencher dès à présent, tant qu’on en est encore à la rentrée et pas encore dans le vif de l’année scolaire. <