Le coup d’envoi de la rentrée de l’enseignement et de la formation professionnels a été donné hier après neuf mois de fermeture. Les établissements de formation privés ont, également, repris l’activité «avec soulagement», nous dit Nadhir Laggoune, membre de l’Association nationale des établissements de formation agréés (ANEFA)
A l’arrêt depuis le 12 mars dernier, à cause de la propagation du coronavirus, les enseignants, les formateurs et les apprentis ne peuvent qu’être «contents» de reprendre l’activité, se réjouit M. Laggoune, avec l’espoir que cette reprise «ne sera pas perturbée dans les prochaines semaines ou mois» par la situation épidémiologique.
Ceci d’autant que les établissements de formation agréés ont été «très fortement impactés et doublement pénalisés», souligne-t-il, expliquant que ces structures avaient cessé d’accueillir les stagiaires pour les besoins de la formation professionnelle et privée pour les raisons sanitaires, sans qu’elles soient autorisées à travailler à distance, alors que de nombreuses écoles ont adopté ce mode de travail et d’autres ont opté pour le télétravail, afin d’amortir l’impact négatif des mesures de prévention anti-coronavirus sur leurs activités.
«Nos établissements ont été interdits d’assurer une continuité de formation en présentiel ou en mode distanciel», regrette notre interlocuteur. «La suspension de l’ensemble des activités dans ces centres n’a pas uniquement pénalisé les établissements de formation, les étudiants ou les apprentis. Elle a également privé les salariés des formations ou des activités de formation qualifiante auxquelles ils avaient droit», poursuit-t-il, notant qu’«habituellement, les entreprises industrielles et de services, à titre d’exemple, réalisent des programmes de formation aux centaines de milliers de leurs salariés». «Mais cela n’a pas été le cas l’année passée», poursuit-il.
Pour justifier son refus, la tutelle a reproché aux établissements concernés de ne pas être en possession d’un agrément spécifique et aussi de ne pas satisfaire le cahier des charges, explique le membre de l’Anefa. «Or, c’est bien dans ce sens que notre association a fait des propositions à la tutelle et a fourni un modèle de cahier des charges à respecter», mais sans suite», poursuit-il. «Nous avons souhaité que cette conjoncture exceptionnelle soit exploitée pour digitaliser le secteur et notre métier de formation professionnelle afin d’assurer la continuité et de terminer les programmes à l’arrêt, en présentiel ou distanciel interdit, mais cela n’a pas été fait», dénonce M. Laggoune. «Pis encore, ces entreprises fortement impactées n’ont pas bénéficié d’aide financière ou d’annulation des charges fiscales de la part du gouvernement, alors qu’en contrepartie, il nous a fallu assurer les salaires et les loyers», insiste-t-il. Il rappelle toutefois que les établissements qu’il représente ont obtenu des reports de trois ou six mois pour le paiement des impôts et des cotisations à la Cnas. «Un geste soulageant bien qu’à la fin du délai accordé, on est obligé de payer sans avoir réalisé de rentrées d’argent», indique-t-il. S’agissant des tarifs appliqués par établissement de formation agréé, notre interlocuteur nous dira qu’ils sont restés les mêmes pour cette année. «Les établissements qui ont perdu entre 70% et 80% de leur chiffre d’affaires par rapport à l’année 2019 n’ont pas les moyens de les baisser», justifie-t-il. n