Le nouveau ministre de l’Energie indique la nouvelle feuille de route en matière de transition énergétique et prévoit l’orientation suivant laquelle les Algériens auront à produire leur propre énergie. Il appelle les salariés et les cadres de la compagnie nationale d’électricité à se sacrifier en vue, notamment, de réaliser le programme urgent de raccordements et d’accélérer le programme de développement des énergies renouvelables.

Les choses commencent peu à peu à se clarifier en termes de gestion de la crise économique actuelle et en termes de perspectives du secteur de l’énergie. Lors de la cérémonie d’installation, hier, du Conseil d’éthique à Sonelgaz, Abdelmadjid Attar, le nouveau ministre de l’Energie, a en ce sens usé du langage de vérité pour sensibiliser, mobiliser les travailleurs de la compagnie d’électricité en vue de contribuer de façon décisive à la réalisation du plan de relance du volet énergie et à faire sortir l’Algérie et son économie des graves difficultés qu’elle traverse actuellement.
Nous retenons de son intervention quatre vérités qu’il a tenu à partager avec les salariés et cadres du groupe Sonelgaz et, indirectement, et l’opinion publique nationale. Les premières sont relatives à la situation économique du pays et à la rente. «L’Algérie est en train de souffrir économiquement. Le marché pétrolier international a dégringolé. La production d’hydrocarbures a dégringolé. Les exportations d’hydrocarbures ont dégringolé. La rente pétrolière de l’Algérie connaît de sérieuses difficultés. Cette situation justifie, a-t-il laissé entendre, le sacrifice qui est demandé aux travailleurs de la compagnie dans cette conjoncture difficile.» Il a indiqué, à cet égard, qu’avec l’accord du syndicat du groupe Sonelgaz et sur sa demande, le conseil d’administration de la compagnie a décidé de réduire de façon importante la prime d’encouragement accordée aux salariés du groupe Sonelgaz. Une mesure qui entre dans le cadre de la politique de réduction des dépenses dans les entreprises publiques. Le nouveau ministre a demandé, en outre, aux salariés et cadres de l’entreprise de se sacrifier un peu plus, de travailler un peu plus, d’accroître le rythme de travail, pour réaliser le plus rapidement possible le programme urgent de raccordements décidé par le Président de la République, en électricité et au gaz de périmètres agricoles, d’unités industrielles et des zones industrielles. «Un raccordement permet de créer 10, 20, 30 ou 50 emplois, de créer de la richesse. C’est ce qu’attendent les jeunes. Peu importe qu’il s’agisse d’une unité publique ou privée. Cela permet de relancer la consommation, la croissance et donc de régler les problèmes graves que connaît l’économie actuellement». Le nouveau ministre de l’Energie estime que la relance de la création de richesses et d’emplois s’avère la voie la plus judicieuse pour sortir le pays de la crise dans laquelle il est enlisé actuellement. Il décrit ainsi la situation difficile que connaît le pays, conséquence de la double crise pandémie et chute des prix du pétrole. Il citera les centaines de milliers d’Algériens sans emploi. Un nombre important d’employés sans ressources financières depuis cinq mois. «Une partie des employés a reçu une prime annuelle de 10 000 dinars. C’est insuffisant» Pour inverser la tendance, il convient notamment de réaliser à court terme ce programme urgent de raccordements. Il demande en ce sens aux travailleurs de Sonelgaz d’accroître le rythme de travail pour réaliser dans les plus brefs délais ces chantiers.
«Il y a certes des problèmes de voies de passage qui retardent ces raccordements. Les walis ont été instruits pour faciliter les choses à Sonelgaz. Je suis prêt, je l’ai dit au PDG de Sonelgaz, à signer, à couvrir et à me démener pour régler un quelconque problème qui entrave ces raccordements. Il faudrait que l’énergie aille aux réels producteurs, sans quoi l’Algérie aura à faire face à beaucoup de problèmes», a-t-il ajouté.

«L’Algérie peut assurer
sa sécurité énergétique en pétrole et en gaz jusqu’en 2040 et bien au-delà»
Sur la restructuration du secteur de l’énergie, il a assuré que la création d’un ministère de la Transition énergétique, de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables n’a pas pour essence une création de poste ou une répartition des tâches, mais la volonté exprimée par le Président de la République de se défaire rapidement de la dépendance de l’Algérie à l’égard des hydrocarbures. Il a souligné que la base de la stratégie énergétique est la transition énergétique. «Nos deux départements sont installés au sein du siège du ministère de l’Energie. Nous travaillons, avec Chemseddine Chitour, le ministre de la Transition énergétique et son département en étroite coordination.» La transition énergétique, a-t-il résumé, consiste à consommer intelligemment l’énergie. Elle inclut les économies d’énergie, l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables. Il ne s’agit pas de ne pas s’appuyer actuellement sur les hydrocarbures car celles-ci assurent aujourd’hui la survie de l’Algérie. Il a assuré que l’Algérie avec ses réserves de pétrole et de gaz peut garantir la sécurité énergétique du pays jusqu’en 2040 et bien au-delà. Autrement dit, les réserves du pays en pétrole et en gaz suffiront à couvrir les besoins énergétiques du pays jusqu’en 2040 et plus. Mais il s’agit de préserver ces ressources pour les générations futures. Bien que la feuille de route en matière de transition énergétique ne soit pas finalisée, il a indiqué que parmi ses grandes lignes figure cette orientation suivie par plusieurs pays évolués en matière d’énergies renouvelables, les simples citoyens, les collectivités locales, des établissements auront à produire leur propre énergie en installant, par exemple, des panneaux solaires. Ce qui suppose la possibilité pour les ménages de vendre leur excédent à Sonelgaz. Cette voie semble privilégiée, selon lui, par rapport aux grandes installations de production d’énergie solaire qui demandent d’importants financements et dont la gestion peut poser problèmes. Il a indiqué concernant ce volet que Sonelgaz subira une restructuration. La nouvelle organisation prévoit que les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique compteront parmi les principales activités de la compagnie nationale d’électricité. Il a demandé aux cadres de Sonelgaz d’innover, de réfléchir davantage et de trouver des idées en vue d’accélérer le développement des énergies renouvelables. <