Les nouveaux membres du Centre de traitement du renseignement financier (CTRF) ont été installés, hier, en présence du ministre des Finances, de la Directrice générale des impôts, Amel Abdellatif, du Directeur général du Trésor, Fayçal Tadinit, du Directeur général des Douanes, Noureddine Khaldi et du Secrétaire général du ministère des Finances, Brahim Djamel Kessali.
Selon ses missions, le CTRF est chargé de «collecter et de traiter les déclarations de soupçon qui lui sont transmises par les entités déclarantes et de transmettre, le cas échéant, le dossier correspondant au Procureur de la République territorialement compétent, chaque fois que les faits sont susceptibles de poursuite pénale». L’effectif de 25 personnes est structuré en Conseil, Secrétariat général et quatre services techniques chargés des enquêtes et des analyses, de la documentation et des bases de données, du juridique et de la coopération.
Le président du CTRF, Sid-Ahmed Saidi, en fonction depuis novembre 2019 après avoir occupé le poste de Contrôleur général des finances au niveau de l’Inspection générale des finances, a fait savoir à cette occasion que cet organe reçoit plus de 1 700 déclarations de soupçon par an et qu’il s’agit de travailler à la modernisation de ses capacités. Notamment par le recrutement de la ressource humaine compétente en la matière.
Un des grands chantiers que le CTRF, organe créé en 2002 et lancé en 2005, doit lancer incessamment concerne «la télé-déclaration et l’adaptation de la réglementation en conséquence», a indiqué son premier responsable. Selon ce dernier, d’autres «défis» attendent le CRTF comme de réussir, en 2022, l’évaluation par le Groupe d’action financière (GAFI) et le Groupe d’action financière du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (Gafimoan), concernant l’efficacité de dispositif algérien «de lutte contre le blanchiment de capitaux, contre le financement du terrorisme et de la prolifération des armes de destruction massive».
En 2009, l’évaluation avait conclu à la conformité de la politique de l’Algérie aux normes internationales, aux conventions internationales et aux recommandations du Gafi ainsi qu’aux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU. En 2013, le CTRF a adhéré au groupe Egmont qui regroupe les Cellules de renseignement financier de 138 pays afin de favoriser un meilleur échange de renseignements financiers.

Un système bancaire et financier «adapté»
Pour le ministre des Finances, présent à la cérémonie, tous les moyens seront mis à disposition dans le cadre du dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme. L’occasion, pour lui, d’affirmer également que «l’Algérie ira toujours de l’avant s’agissant de renforcer son dispositif légal ou réglementaire ainsi qu’en termes de mise à disposition des moyens idoines au CTRF».
Aymene Benabderrahmane a fait savoir que l’objectif de son ministère est de s’arrimer aux standards internationaux permettant à l’Algérie de se maintenir de façon pérenne en haut des classifications internationales en termes de lutte contre les différents fléaux financiers. «Parmi ses missions, le CTRF réalise des évaluations et des rapports réguliers sur le niveau de mise en œuvre des réformes nécessaires en termes de lutte contre les infractions à la législation financière dans le cadre de l’amélioration de la gouvernance», a souligné l’argentier du pays.
Selon lui, le rôle du CTRF intègre également l’information financière notamment au niveau du blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme «qui deviennent des crimes complexes du fait de l’avancement technologique et les technologies de l’information et de la communication ainsi que la mondialisation qui a contribué au développement des bandes criminelles transfrontalières». «L’Algérie est l’un des rares pays à réunir l’ensemble des dispositifs», a-t-il rappelé, ajoutant que «les systèmes bancaire et financier nationaux sont parfaitement adaptés à la lutte contre le blanchiment de capitaux quelle que soit sa forme».«L’Algérie a été l’initiatrice de la criminalisation de certains types de courants de malversation qui proviennent du terrorisme et des activités similaires.
L’Algérie n’a jamais baissé les bras dans le cadre de la lutte contre ce fléau», a-t-il insisté.