Feriel Nourine

Si la belle remontée des prix du pétrole est accueillie avec une satisfaction manifeste chez les responsables du secteur, la production d’hydrocarbures ne cesse, par contre, de les inquiéter par ses performances de plus en plus mitigées depuis déjà de nombreuses années. Ce qui n’est pas sans mettre à rude épreuve les réserves existantes, fortement exploitées sans approvisionnement en conséquence. Il ne restait alors que l’impact de la pandémie de la Covid-19 pour que cette production subisse un coup très dur et effectue une forte baisse, synonyme d’alerte, en 2020. En effet, l’année dernière, Sonatrach a enregistré un recul de sa production d’hydrocarbures (pétrole et gaz) évaluée à 8% à 143 millions de tonnes équivalent pétrole (TEP), selon le bilan présenté par l’ex-ministre de l’Energie Abdelmadjid Attar. De son côté, son successeur et néanmoins revenant à la tête du secteur n’a pas manqué de mettre en avant la nécessité de remédier à la situation en renouvelant les réserves et en augmentant la production.

Lors d’une réunion tenue dimanche avec les cadres centraux de son ministère, Mohamed Arkab a «mis l’accent sur l’impératif de poursuivre les efforts en vue du renouvellement des réserves en hydrocarbures et de l’augmentation de la production», indique un communiqué du ministère de l’Energie et des Mines. «La poursuite de l’action afin de garantir la sécurité énergétique et à davantage d’efforts pour renouveler les réserves en hydrocarbures du pays et augmenter la production», souligne la même source.
Un effort auquel de nombreux acteurs du secteur ne cessent d’appeler. A l’exemple de l’expert pétrolier Mourad Preure, qui s’exprimait la semaine dernière à l’occasion du cinquantenaire de la nationalisation des hydrocarbures, pour mettre en évidence l’obligation faite à la compagnie nationale Sonatrach de se hisser au véritable statut de leader en diversifiant ses interventions en matière de production.
Or, ce n’est nullement le cas aujourd’hui pour le groupe énergétique national. Dans le cas du gaz, la quantité qui devrait être réinjectée dans les gisements, notamment à Hassi Messaoud et Hassi R’mel, pour augmenter la pression, a été réduite et dirigée vers l’exportation, a-t-il reproché. Mais bien au-delà du problème des réserves et de la production, les souffrances ont été multiples pour le secteur des hydrocarbures en 2020. Face à une conjoncture de crise mondiale engendrée par la pandémie, les revers se sont diversifiés pour le secteur en Algérie durant l’exercice écoulé. Ainsi la production de gaz a chuté de 7,3%, alors que celle-ci doit également satisfaire une consommation nationale qui explose. La production de pétrole brut a pour sa part baissé de 0,4% dont -7,6% pour le condensat et -1,7% pour le GPL. Par ailleurs, les exportations algériennes d’hydrocarbures ont sensiblement reculé en volume, soit -11%, alors que leur valeur a chuté de 40%, soit quelque 20 milliards de dollars seulement engrangés en 2020.
Outre l’aspect production, le premier responsable du secteur a donné les instructions nécessaires concernant le projet de mine de fer de Gara Djebilet et celui de phosphate à l’est du pays, lesquels constituent «une priorité absolue devant être concrétisée dans les plus brefs délais», a-t-il estimé. Concernant l’opération de fusion des secteurs des mines et de l’énergie, M. Arkab a appelé à «l’achèvement de l’opération de fusion de manière rapide et efficace dans le souci de se focaliser sur les projets et les grands chantiers du secteur».