A trois jours du déroulement des élections sénatoriales pour le renouvellement d’un tiers de la composante du Conseil de la nation, deuxième chambre du Parlement, le président de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) a fait, hier, le point de l’étape de traitement des candidatures.

PAR NAZIM BRAHIMI
Dans le point de situation établi par Mohamed Charfi, il est notamment question du nombre de candidatures rejetées, estimées à 43 prétendants au poste de sénateur. Le rejet de cette quarantaine de candidatures ne pose pas moins un sérieux problème dans le sens où les concernés sont des élus dans les assemblées locales issues des élections du 27 novembre dernier. D’autant plus que le président de l’ANIE a expliqué, dans un entretien accordé à l’Agence presse service (APS) que « l’argent sale » est la cause du rejet des dossiers de candidatures.
« Il y a quelque chose qui n’est pas logique dans cette étape relative aux élections sénatoriales. De véritables zones d’ombre. C’est bizarre de voir des dossiers d’élus, qui siègent dans des assemblées locales, rejetés à cause de l’argent sale. Cet argent sale ne peut pas être traqué dans la course au Sénat après avoir été toléré dans le scrutin local », fait observer un militant politique. Dans son entretien à l’APS, M. Charfi a souligné que 43 dossiers de candidats sur les 503 déposés ont été rejetés « pour avoir un lien avec l’argent douteux », ajoutant que le « remplacement » des dossiers rejetés « n’est pas prévu » par la loi électorale en vigueur, qui sera appliquée pour la première fois aux élections de renouvellement partiel des membres de la chambre haute du Parlement.
Le traitement des dossiers de candidatures par l’ANIE a suscité la colère des prétendants, notamment chez les partis politiques, et pas uniquement à cause des rejets mais aussi pour l’interdiction signifiée aux partis de ne pas pouvoir remplacer le dossier rejeté. Sur ce point, M. Charfi a expliqué que l’option de remplacement n’est pas prévue dans la loi électorale, ce qui oblige nécessairement les « partis à choisir des candidats qui remplissent toutes les conditions légales », ajoutant que « ce dont parlent certains partis politiques est une contestation de la loi et non pas de l’Autorité ». Défendant le travail accompli par l’ANIE, M. Charfi a invité les partis politiques qui ont des représentants dans le Parlement à « formuler des propositions et des amendements pour changer les textes qu’ils considèrent incomplets et ambigus ». Interrogé sur le fait que ces candidats suspects soient, à l’origine, issus des élections des Assemblées locales où il est exigé que le candidat soit exempt de tout soupçon du genre, le président de l’ANIE a indiqué que « l’enquête est plus approfondie lorsque la responsabilité qui incombe aux élus est plus importante ». Il a relevé, dans ce sens, que « vu le poids des candidats au Conseil de la nation et leur rôle dans l’adoption des lois relatives à l’élaboration des futures lois du pays, il a été procédé à des enquêtes plus approfondies ».
Mais en attendant de voir l’issue du vote du collège électoral, prévu samedi prochain, on sait déjà que le traitement des dossiers par l’ANIE a mis dans l’embarras certains partis, notamment le parti du Front de libération nationale (FLN) pourtant vainqueur des élections locales. Contraint à l’absence dans la wilaya d’Alger suite au rejet par l’autorité de son candidat, le FLN s’est vu obligé d’apporter ses voix parmi le collège électoral au prétendant du Front des forces socialistes (FFS) dans un jeu de coulisses entre les cadres des deux partis politiques.
Il se dit également que les élus du FLN à Tizi Ouzou et Béjéïa voteront pour les deux candidats du FFS, à savoir Youcef Aouchiche, président de l’APW de Tizi Ouzou, et Mehenni Haddadou, président de l’APW de
Béjaïa.