Les membres du Haut-conseil de l’énergie viennent d’être désignés et installés par le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune. Cette instance suprême du secteur repose sur trois ambitions stratégiques : le renouvellement des réserves conventionnelles, la diversification des sources et ressources énergétiques et la conciliation de la demande domestique galopante – une progression de 7
à 8% par an – avec les engagements internationaux de l’Algérie et leurs grands enjeux.

Par Hakim Ould Mohamed
Les membres du Haut-conseil de l’énergie viennent d’être désignés et installés par le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune. Leurs missions et prérogatives viennent d’être également définies, se rapportant essentiellement à fixer les grandes orientations en matière de politique énergétique nationale et d’en assurer le suivi et l’évaluation, afin de relever le défi de la transition énergétique.
C’est ce qui est, en tout cas, mentionné en caractères gras dans le décret présidentiel 22-112 paru au Journal Officiel n°19 et portant création, auprès du président de la République, du Haut-conseil de l’énergie. Cette instance est chargée, en effet, «de fixer les orientations en matière de politique énergétique nationale et d’en assurer le suivi». Le Haut-conseil de l’énergie statue, également, «sur les stratégies à suivre dans les domaines de la sécurité énergétique du pays à travers, notamment, la préservation, le renouvellement et le développement des réserves nationales en hydrocarbures et le suivi et l’évaluation de la mise en œuvre des plans à long terme pour le développement des infrastructures de production, de transport, d’approvisionnement, de stockage et de distribution des produits énergétiques».
Ce conseil est appelé aussi à suivre l’introduction et le développement des énergies nouvelles et renouvelables, la transition énergétique vers un nouveau modèle national de production et de consommation d’énergie, en fonction des ressources énergétiques et minières nationales, des engagements extérieurs et des objectifs stratégiques à long terme du pays. Il devra assurer le suivi de la régulation du marché énergétique national, l’impact de la situation énergétique nationale et internationale sur le pays, ainsi que la valorisation des ressources énergétiques et la dimension énergétique liée à l’environnement et au changement climatique.
Le suivi des alliances stratégiques et des partenariats internationaux en matière énergétique, notamment les engagements et accords commerciaux à long terme et à portée stratégique font partie également de ses missions. Le but de la mise sur pied du Haut-conseil de l’énergie qui, faut-il le rappeler, existait déjà par le passé mais mis en veilleuse durant l’ère Bouteflika, est de prendre en charge l’ensemble des enjeux énergétiques qui s’offrent au pays mais aussi les défis de la sécurité et la transition énergétiques.

Défis et enjeux
Le président de la République met en place une instance suprême du secteur de l’énergie qui repose sur trois ambitions stratégiques, à savoir l’impératif d’une nouvelle politique énergétique qui prenne en charge à la fois les besoins de diversification des sources d’énergie, de renouvellement des réserves et de conciliation de la demande domestique et les besoins d’honorer les engagements de l’Algérie envers ses clients. Ainsi, sur ce plan, il s’agit d’abord de concilier une demande domestique, dont le taux évolue à vive allure à raison de 7 à 8% par an, et celui des réserves en déclin ces dernières années. Tout comme la capacité de production à long terme.
Ainsi le paramétrage de la future politique énergétique doit tenir compte de ces variables, à savoir la stabilisation de la consommation domestique, le renouvellement des réserves à travers l’intensification de l’effort recherche et exploration, tout en renforçant la capacité de production à long terme. D’autant plus que Sonatrach s’est engagée à fournir plus de quantités d’hydrocarbures à certains de ses clients. Pour ce qui est de la consommation intérieure, il est vrai que le rythme est soutenu, mais ce qui est problématique par-dessus tout est la nature des usages de l’énergie du point de vue création de valeur ajoutée, étant donné que, selon les données disponibles, les ménages consomment une part non négligeable, alors que les secteurs créateurs de valeur ajoutée, dont l’industrie, en accaparent une partie moindre. L’évolution de la consommation domestique et des volumes destinés à l’export exige de l’Algérie de repenser son modèle énergétique actuel en investissant dans la diversification des sources d’énergie, dans la transition vers les énergies renouvelables et prêtant une attention particulière aux notions d’efficacité énergétique.
Des enjeux et non des moindres, dont la réflexion, relève désormais du Haut-conseil de l’énergie. Cet organisme doit pouvoir centraliser les réflexions sur la future politique énergétique, sur les enjeux en matière de transition et d’efficacité énergétique ainsi que sur les défis de sécurité énergétique du pays. Il est présidé par le président de la République et composé du Premier ministre, du ministre de la Défense nationale, ou son représentant, du ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, du ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, du ministre des Finances, du ministre chargé de l’Energie, du ministre chargé de la Transition énergétique et des Energies renouvelables, ainsi que du ministre chargé de la Recherche scientifique. Le secrétariat du Haut-conseil de l’énergie est assuré par le ministre chargé de l’Energie.