Synthèse Salim Benour
Dans un entretien avec l’APS, le commissaire aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique (CEREF), Noureddine Yassaa, est revenu sur l’activité du groupe de travail mis en place fin novembre 2021 par le Premier ministre Aïmene Benabderrahmane pour réfléchir sur les moyens de développer la filière hydrogène dans le pays. Il a indiqué que ce groupe, constitué du ministère de l’Energie et des Mines, de la Transition énergétique et des Energies renouvelables, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et du CEREFE, travaille à l’élaboration d’une «feuille de route». Son objectif est de «mieux définir la vision de l’Algérie en matière de développement de l’hydrogène, notamment vert, et ses retombées stratégiques, économiques et environnementales à moyen et long termes». Cette «feuille de route», a ajouté M. Yassaa, donnera aux acteurs nationaux et internationaux une visibilité sur les politiques, les réglementations et les mesures d’incitation et d’encouragement de la filière hydrogène en Algérie. L’important, souligne-t-il, est d’adopter une «démarche transparente», afin de pouvoir capter les investisseurs potentiels et faire face à la concurrence qui se dessine dans la région. «Compte tenu des nombreux atouts dont elle dispose à plusieurs égards, la mise en œuvre de cette feuille de route fera de l’Algérie un acteur régional incontournable dans le domaine de l’hydrogène, notamment vert», a-t-il avancé. Toutefois, l’Algérie doit s’appuyer sur des partenariats avec les pays leaders dans le domaine de l’hydrogène, afin de réussir sa stratégie de développement de cette énergie, a-t-il recommandé». Des pays comme l’Allemagne et l’Italie ont déjà manifesté leur intérêt pour une coopération dans ce domaine. «A travers des accords de partenariat stratégiques permettant de mobiliser les financements nécessaires et le transfert de technologies et de savoir-faire, des projets pilotes, qui serviront à l’évaluation et la maîtrise des différentes techniques et technologies relatives à toute la chaine de valeur de la production d’hydrogène, seront déployés dans le cadre de la première phase de la mise en œuvre de la feuille de route», selon le commissaire aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique. M. Yassaa a souligné, aussi, la nécessité de la mise en place d’un cadre réglementaire et normatif «adapté», et la constitution d’un vivier de talents et pôles d’excellences autour de l’économie de l’hydrogène. Pour lui, l’Algérie est bien placée pour produire l’hydrogène vert à des couts «très compétitifs». «Grâce à son potentiel considérable en énergie solaire, ses importantes ressources en gaz naturel et les infrastructures de distribution associées, l’Algérie est bien placée pour produire l’hydrogène vert et éventuellement bleu (à partir du gaz naturel avec capture et stockage de carbone) à des couts très compétitifs», a-t-il soutenu. M. Yassaa a rappelé que plusieurs études réalisées par le Centre de développement des énergies renouvelables (CDER) et par d’autres organismes nationaux et internationaux montraient clairement les atouts «très intéressants» sur lesquels l’Algérie peut s’appuyer sur la transition vers l’hydrogène, notamment vert, comme vecteur d’énergie propre. <