Le gouvernement prévoit en 2021 la distribution d’un million de lampes LED au profit des ménages à des prix soutenus et l’interdiction, en 2022, des lampes à incandescence, c’est-à-dire l’éclairage classique, et ce, à des fins d’économie d’énergie.

Par Khaled Remouche
Le plan d’action du gouvernement insiste sur la transition énergétique, c’est-à-dire le passage de la rente pétrolière, qui fonde aujourd’hui le développement économique de l’Algérie, à un modèle énergétique moins centré sur les énergies fossiles, gaz et pétrole, et qui serait, selon le document, mis en application à partir de 2030. Il s’agit aujourd’hui et au cours des prochaines années de préparer cette mutation. Cependant, le secteur des hydrocarbures restera un secteur porteur de développement et de croissance, lit-on dans le document, c’est-à-dire d’ici 2024, voire jusqu’à l’échéance précitée.
L’objectif assigné à cette branche est d’assurer la sécurité énergétique du pays et de contribuer au financement de l’économie nationale à travers le maintien d’un niveau appréciable des revenus en devises. Le gouvernement fixe deux objectifs aux secteurs hydrocarbures et mines, la transformation sur place de 50% de nos ressources naturelles au lieu de 30% actuellement et augmenter les exportations des biens et services hors hydrocarbures (pétrochimie, phosphate, lubrifiants). Il est prévu également l’intensification des efforts de développement de l’amont pétrolier pour le renouvellement des réserves et l’augmentation de la production primaire d’hydrocarbures à travers l’investissement et le partenariat international.
En matière de satisfaction de la demande nationale, il s’agira en priorité d’engager l’optimisation de l’appareil de raffinage existant et la promotion d’autres carburants comme le GPL et le GNC, avec comme mot d’ordre l’arrêt des importations de carburants. Autre objectif, l’intégration, c’est-à-dire la fabrication locale des équipements pour l’industrie pétrolière et l’énergie.
En matière de transition énergétique, le plan consacre, lit-on, «l’Algérie d’après», à faible empreinte carbone, sobre et efficace dans sa consommation énergétique.
Il s’articule autour des axes stratégiques suivants : un plan de développement massif des énergies renouvelables, un programme à dimension multisectorielle d’efficacité énergétique, la consécration d’un nouveau modèle énergétique qui tend vers un mix énergétique équilibré à l’échéance 2030.

Une loi sur la transition énergétique élaborée en 2021
Les mesures d’appui à la transition énergétique prévues se résument à la formation, la recherche et le développement, la communication et la coopération internationale.
Dans le détail, le gouvernement s’engage à la mise en place d’une capacité de 15 000 MW à l’horizon 2035, dont 1 000 MW en 2021, le développement de l’intégration massive des productions centralisées d’électricité solaire au niveau du réseau de distribution basse et moyenne tension. Le gouvernement compte encourager l’autoconsommation dans le secteur résidentiel et tertiaire. Traduire : les ménages et les commerçants seront encouragés à produire leur propre électricité à partir du solaire. Il est également prévu la production d’énergies renouvelables pour les zones autonomes (hors réseau) notamment dans les zones d’ombre et en milieu rural : systèmes solaires autonomes, kits solaires individuels, système de pompage de l’eau via le solaire. En matière d’efficacité énergétique, le gouvernement vise la lutte contre le gaspillage à travers l’introduction d’un éclairage performant dans le secteur du bâtiment. La mesure phare concernant les ménages est la transformation progressive de l’éclairage domestique par un éclairage performant (lampes de type LED). Il s’agit de la distribution, en 2021, d’1 million de lampes LED au profit des ménages à prix soutenu. Il est prévu en 2022 l’interdiction des lampes à incandescence (éclairage classique) au profit du LED, la mise en place de l’éclairage photovoltaïque sur l’Autoroute est-ouest. Le développement de l’hydrogène vert est érigé en objectif prioritaire du gouvernement. A ce titre, l’action du gouvernement portera sur des travaux préparatifs en vue d’un partenariat stratégique avec les partenaires étrangers pour la mise en oeuvre d’un plan national hydrogène vert. Il est visé enfin la conversion des véhicules au GPL dans le secteur du transport : conversion de 150 000 véhicules en 2021 (particuliers, taxi, administrations publiques). <