Les taxieurs qui exercent en périmètre urbain feront l’objet de contrôles plus stricts en ce qui concerne le respect des mesures sanitaires et préventives, a-t-on appris de sources concordantes. Cela était d’autant plus attendu que les taxis sont des vecteurs de propagation du virus Covid-19, notamment en cette période où le pays fait face à une hausse sensible de personnes contaminées au quotidien. Fini donc pour cette catégorie professionnelle le relâchement du respect des mesures barrières tel qu’observé ces derniers jours sur la voie publique. Ainsi les taxis urbains fauteurs n’auront plus droit à aucune excuse.
Toujours à propos du durcissement du contrôle des taxieurs, Hocine Aït Brahim, membre de la Fédération des taxieurs de la wilaya d’Alger, contacté par nos soins, dira que sa fédération approuve cette initiative. Révélant dans ce sens que «le taxieur est conscient que c’est autant dans son intérêt que celui de ses passagers». Non sans avouer que «par moment, certains ont fait fi des règles sanitaires en dépassant le nombre de clients dans une seule course, comme le stipulent les nouvelles exigences entrées en vigueur au début de la pandémie, ou de prendre en charge un client ne portant pas de bavette». Et de dire enfin : « Chacun doit se conformer aux règles sanitaires. Ne pas les respecter serait irresponsable. C’est d’ailleurs ce que nous martelons à nos adhérents.» De son côté, Hocine Othmani, vice-président de la Fédération nationale des taxieurs, approché également par Reporters, considère que «ce durcissement du contrôle des taxieurs va servir au moins d’avertissement à tous ceux qui prennent à la légère, lors de leurs activités, les mesures sanitaires imposées pour qu’ils puissent exercer leur activité». Et d’expliquer enfin : «Ceux pris en flagrant délit de ne pas avoir appliqué les règles sanitaires lors de leur trajet seront sévèrement sanctionnés. Mais qu’ils sachent qu’ils devront assumer leur faute sans possibilité de recours».
Un autre responsable joint par téléphone, Boucherit Abdelkader, président de la Fédération nationale des transporteurs de voyageurs et de marchandise (FNTVM), s’est surtout prononcé sur la décision de suspendre le transport urbain collectif des personnes durant les week-ends. Sur ce point, il dira : «Cela va permettre du moins à freiner quelque peu la propagation du virus et aussi de pousser les personnes à s’astreindre à se déplacer lors du week-end. Certes cette décision va encore une fois pénaliser les transporteurs, même s’ils ne se sont pas encore relevés de la période d’inactivité lors des premiers mois de la pandémie, leur créant un énorme manque à gagner.»
Rappelons enfin que des centaines de taxieurs et de transporteurs se sont vu refuser l’aide financière de l’Etat accordée à ces professionnels, impactés par les mesures de confinement, officialisée par décret interministériel. La raison est qu’ils ne répondaient pas au critère d’éligibilité, celui d’être à jour dans les cotisations à la Caisse nationale d’assurance des non-salariés (Casnos). Alors que le décret exécutif n° 20-182 du 30 juillet 2020 ne pose pas d’exigence particulière, c’est-à-dire que l’aide financière n’est soumise ni à l’impôt ni aux cotisations de sécurité sociale. Un paradoxe dont les taxieurs concernés se disent consternés, mais pas près de se taire.