Par : Nadir Kadi
Au moment où les contours de la nouvelle politique régissant le marché de l’automobile commencent à apparaître clairement, le président du Cluster mécanique de précision Algérie, Adel Bensaci, a estimé hier que la relance de la fabrication automobile devra passer par le renforcement de la sous-traitance.
A l’heure actuelle, l’industrie du pays compterait «une vingtaine» de PME spécialisées dans ce domaine ; des entreprises qu’il s’agirait d’accompagner par une réglementation et une fiscalité plus favorable, mais aussi de mettre aux normes internationales et d’orienter davantage vers l’exportation.
En ce sens, Adel Bensaci a fait savoir, lors de son passage sur les ondes de la Radio nationale, qu’il s’agit avant tout pour le secteur «d’étoffer le tissu de sous-traitants et travailler sur l’intégration d’un certain nombre de PME dans le secteur de l’automobile afin de les spécialiser». La relance de la fabrication et du montage automobile étant, selon le responsable, la solution la plus évidente et la plus appropriée afin de répondre aux besoins du marché national en parallèle de l’exportation.
Dans cette logique, il apparaît que cette industrie peut compter sur un certain nombre de structures en activité. «Nous pouvons parler modestement d’une vingtaine de PME qui activent directement dans le secteur ; ces entreprises spécialisées fabriquent notamment des sièges automobiles, des batteries, des tableaux de bord ou encore des pare-chocs…»
Quant aux décisions qui seraient nécessaires au renforcement du tissu de sous-traitance, afin de parvenir à l’objectif de 30% d’intégration, le président de Cluster mécanique de précision Algérie plaide notamment pour une plus grande collaboration avec la formation professionnelle. «L’université est bien sûr importante, mais l’industrie n’a pas besoin uniquement de bureaux d’étude, il faut aussi du personnel, des techniciens spécialisés , devant les machines, capables d’exploiter au mieux les équipements».
Par ailleurs, il s’agit également de donner les mêmes avantages fiscaux aux constructeurs et aux sous-traitants : «Nous avions fait la proposition d’aller vers l’exonération du droit de douane et de TVA pour les sous-traitants du secteur automobile (…) Le but serait que le pays devienne une sorte de zone franche.» En contrepartie, le secteur automobile devra pour sa part revoir et renforcer ses systèmes de contrôle qualité et veiller à obtenir l’ensemble des homologations dont les standards IATF du secteur automobile.
La relance du secteur doit également éviter «les erreurs, la politique de gabegie des dernières années», ajoute Adel Bensaci. L’économie et l’industrie du pays, ajoute le responsable, réunissent aujourd’hui l’expérience nécessaire mais surtout une longue liste d’atouts. Notamment un «environnement économique favorable, très compétitif en termes de coût d’investissement, de production, de proximité géographique des marchés ou encore du coût de l’énergie et plus d’importants développements dans la sidérurgie». Dans cette logique, le président de Cluster mécanique de précision Algérie, en rappelant que le pays avait réussi, dans les années 1980 et 1990, à développer un important tissu de près de 300 sous-traitants pour la SNVI, appelle le secteur à avoir une vision «régionale» en intégrant dès le départ les impératifs de rentabilité et d’exportation : «Je tiens à dire que l’exportation des véhicules assemblés doit être un objectif principal dès le développement de ce business (…) Et nous avons aussi vu ce qui s’est passé auparavant ; fabriquer des milliers de véhicules d’un même modèle ne suffit pas à atteindre le volume nécessaire aux économies d’échelle (…) Les projets doivent êtres pensés au niveau régional et non national». <