La production énergétique de l’Algérie est appelée à augmenter durant l’année 2023. Sur la lancée d’un exercice 2022 fructueux en matière de découvertes et d’exploitation ayant relevé ses volumes de pétrole et de gaz, Sonatrach devrait, en effet, renforcer davantage ses acquis, de sorte à satisfaire une demande nationale en hausse tout en assurant aux exportations des quotas qui évoluent dans la même tendance.

Par Feriel Nourine
Entre consommation locale et livraisons vers l’Europe, ce sont 69,1 millions de tonnes équivalent pétrole (TEP) qui ont été atteints à fin septembre dernier, selon les chiffres du secteur.
Pour faire plus, la compagnie nationale comptera sur les capacités du sous-sol en énergies conventionnels, mais aussi sur des sources d’énergies renouvelables dont le potentiel est énorme, à commencer par celui de l’hydrogène qui est en train d’ouvrir la voie à des projets par voie de partenariat avec des investisseurs étrangers.
Concernant les énergies renouvelables, c’est surtout le gaz naturel qui impose à l’Algérie de revoir ses ambitions et projections de production nettement à la hausse. Celles-ci sont appelées à croître considérablement durant l’année qui vient de commencer pour, d’une part, répondre à la demande nationale, et, d’autre part, satisfaire des commandes de clients étrangers qui veulent plus de gaz algérien depuis que la guerre en Ukraine a été déclenchée, provoquant une crise énergétique mondiale et imposant aux pays importateurs, notamment européens, à quêter des alternatives au gaz russe.
Cette crise est loin d’être terminée, et la demande européenne ne sera sans doute pas épargnée par les difficultés éprouvées durant l’année dernière. Une configuration qui offre à l’Algérie l’opportunité de renforcer considérablement ses exportations pour le Vieux Continent et d’en tirer les dividendes financiers que peuvent générer les augmentations de volumes ainsi que celles du prix du gaz qui connaissent des hauts très favorables aux recettes algériennes d’hydrocarbures.
Dans cette perspective, Sonatrach n’a d’autre alternative que de rehausser son offre et de la mettre au niveau des commandes auxquelles aspirent ses principaux clients en comptant sur un fournisseur dont la première des garanties est cette fiabilité avérée en moult circonstances.
Le groupe énergétique national devrait même doubler sa production gazière en 2023, selon les orientations données par Abdelmadjid Tebboune, il y a quelques jours lors de l’inauguration de la 30e Foire de la production algérienne.
«Nous produisons actuellement environ 102 milliards de mètres cubes de gaz, dont près de la moitié est consommée localement. J’espère qu’en 2023, nous atteindrons une production de 100 milliards de mètres cubes de gaz destinés exclusivement à l’exportation», a-t-il dit alors qu’il visitait le stand de Sonatrach.
Multiplier les découvertes
Le président de la République a de nouveau abordé cette question lors de sa récente entrevue avec des représentants des médias nationaux, mettant en avant la nécessité de multiplier les découvertes dans ce domaine afin de porter le volume des exportations d’environ 53 Mds m3 actuellement à près de 100 Mds m3.
Une production multipliée par deux qui profiterait en premier lieu au marché européen, nécessitant donc des infrastructures renforcées pour assurer son acheminement. En ce sens, c’est l’Italie qui est la mieux placée pour jouir du rôle d’un hub desservant l’Europe en gaz algérien.
Partenaire énergétique historique de l’Algérie, l’Italie pourra, en ce sens, capitaliser sur ses connexions avec l’Algérie, à savoir le gazoduc Transmed auquel pourrait s’ajouter le Galsi dont le projet de relance a été réactivé par l’Algérie, au rythme des nouvelles ambitions d’exportations de gaz vers le Vieux Continent.
Le gazoduc reliant l’Algérie à la Sardaigne «permettra à l’Italie de renforcer son rôle de hub gazier européen», a affirmé le ministre de l’Energie, Mohamed Arkab, à Rome où il s’exprimait à l’occasion de la 8e édition du Forum de haut niveau pour le dialogue en Méditerranée (ROME-MED).
Sur le terrain des énergies renouvelables, le déploiement du ministère de l’Energie devrait s’accélérer cette année en vue d’attirer les investissements, notamment étrangers. Investissements signifient, dans ce cas précis, participation au financement des projets, partage de savoir-faire ou encore assistance technologique dans le domaine. Sur ce registre, le partenaire historique de Sonatrach, en l’occurrence l’italien Eni, a déjà manifesté ses ambitions de participer à des projets d’hydrogène en Algérie, à travers des conventions signées.
De leurs côtés, les Allemands sont passés à l’acte de la coopération, il y a quelques jours, à travers la signature entre la société gazière allemande VNG AG et le groupe énergétique national Sonatrach relatif à la coopération dans la filière hydrogène.
Cet accord devrait permettre de lancer «le premier projet pilote» de production de l’hydrogène vert en Algérie d’une capacité de 50 MW, avec comme objectif principal de maîtriser les technologies relatives à ce domaine, a relevé M. Arkab, expliquant que ce projet permettra ainsi le transfert de technologies et d’expertise allemandes au profit des cadres algériens, afin de pouvoir passer à l’étape de production commerciale de quantité importante d’hydrogène vert à partir de l’année 2030.
Les Pays-Bas se sont dits également intéressés par la coopération avec l’Algérie dans l’hydrogène vert.
«Nous cherchons à nouer des partenaires en Algérie pour développer des activités dans le domaine de l’hydrogène vert», avait affirmé l’ambassadrice de ce pays, Janna van der Velde, en marge de la 12e édition du Salon des énergies renouvelables, des énergies propres et du développement durable (ERA), qui s’est tenu à Oran, en octobre dernier.
En attendant un réel départ dans l’exploitation et la production des énergies renouvelables, Sonatrach est appelée à multiplier ses opérations d’exploration et de production en faisant valoir les avantages de la nouvelle loi sur les hydrocarbures pour les investisseurs étrangers.
Concernant ses propres investissements, la compagnie nationale profitera d’un plan d’investissement de 40 milliards de dollars pour la période 2022-2026, et dont la plus grande part est orientée vers l’exploration et la production afin de préserver les capacités productives nationales, avait indiqué son Pdg, Toufik Hekkar. n