Le rapport 2020 de la Cour des comptes, dévoilé récemment, est riche en enseignements, il relève d’une importance primordiale. Il vient démontrer l’insoutenable légèreté avec laquelle l’argent public a été (mal)géré et cela depuis plusieurs années. L’exemple de la Banque de l’Agriculture et du développement rural (BADR) en est ainsi une des meilleures illustrations. Avec chiffres à l’appui, la Cour des comptes fait rappeler à tout le monde les décisions, médiatisées à outrance à l’époque, concernant les crédits bonifiés dont beaucoup ont pu en profiter, mais au final, c’est l’Algérie qui en a été la principale victime. Pourtant, les signes annonciateurs étaient bien visibles et cela sur tous les plans. Il ne fallait pas être un expert en économie pour comprendre que les résultats ne pouvaient être que négatifs. La mauvaise gestion entraîne automatiquement des pertes, qui malheureusement ne sont pas partagées par les décideurs. Là est le cœur du sujet, soit la gestion des établissements bancaires publics. Le politique a toujours été derrière les décisions d’octroi des crédits et bien d’autres formules, dont l’objectif au bout du compte était peut-être populiste, mais sans aucun doute des formules de détournements déguisés. Et face à l’absence de surveillance, la «machine» ne pouvait que continuer dans ses méfaits. Devant les turpitudes (le mot est très faible) du pouvoir exécutif, les deux autres, législatif et judiciaire, voyaient toujours «ailleurs». L’injustice et les dilapidations réunies, et la démission des (ir)responsables, sont un «mélange» qui ne devait ainsi qu’ aboutir à une explosion. Le Hirak était inévitable, mais, à ce jour, bien insuffisant. Il est effectivement impératif d’avoir des mécanismes protecteurs, ne dépendant pas des «têtes», mais uniquement de la loi, pour éviter d’autres catastrophes, dont l’impact ne sera pas uniquement sur les Algériens de 2020, de 2021, mais surtout sur les futures générations.
D’où l’importance de ce que va donner cette nouvelle année. Les effets de la mise en application de la loi des finances 2021 sont appréhendés par plus d’un. Mais il sera surtout question de propager la «culture» de toujours rendre des comptes. Il y va de la survie même de la Nation.