Les premières rencontres Méditerranée-Afrique  des jeunes écrivaines devraient prendre fin aujourd’hui après deux jours de travaux. L’inauguration de l’évènement ainsi que le lancement des tables rondes et des ateliers a eu lieu hier à Bibliothèque nationale (BN) du Hamma, à Alger. La cérémonie a été rehaussée de la présence du ministre de la Culture Azzedine Mihoubi.

A propos de l’évènement dont il a salué la tenue, M. Mihoubi, a déclaré lors de son allocution d’ouverture, que «cette nouvelle génération d’auteures a besoin d’être soutenue et surtout d’être accompagnée. Cela se fera notamment par des échanges avec ces écrivains consacrés». Pour le ministre, c’est le contact entre des romanciers et des gens de lettres, hommes et femmes de générations différentes, qui leur permettra de créer un champ littéraire productif et diversifié dans ses courants d’expression et d’esthétique.
Prenant l’occasion de l’évocation d’une femme de lettre et éditrice palestinienne, Ewad Jihad Bissan, le ministre de la Culture a tenu à rendre hommage aux auteures palestiniennes. «Elles trouveront toujours un soutien auprès des auteurs et des personnalités du monde de la culture algérien, a-t-il dit. L’Algérie, qui a connu les affres de l’expérience coloniale, sait ce que c’est que la solidarité entre les peuples qui luttent pour leur émancipation et l’affirmation de leurs identités.» Une digression qui lui permettra également de saluer les militants de la cause sahraouie et de rappeler le soutien de l’Algérie pour l’autodétermination du Sahara occidental.
Outre les messages politiques,  M. Azzedine Mihoubi a tenu à expliquer que la politique de son gouvernement, dans le sillage de ce qui a été réalisé durant les années précédentes, est d’encourager la création littéraire en donnant «à la lecture l’importance qu’elle mérite». Cela, en créant des espaces de lecture partout où il est possible de le faire. Il a rappelé qu’à l’occasion de la fête du 5 Juillet, il y a presque deux mois, son département s’est lancé dans l’initiative de distribuer 1 600 000 ouvrages à travers les centres de lecture et les bibliothèques publiques du pays. «Notre souhait est que les Algériens lisent davantage et montrent l’intérêt qu’ils ont pour le livre», a-t-il indiqué en substance avant d’annoncer la création du «Prix Yamina Mechakra». Ce prix, qui porte le nom de l’auteure de «La grotte éclaté» (1979) et de «Arris» (1999), récompensera les œuvres littéraires d’écrivaines algériennes, en arabe, tamazight, et en français, et sera attribué d’ici la fin de l’année en cours par un jury exclusivement féminin, présidé par Rabéa Djelti pour la langue arabe, Lynda Koudache pour le tamazight et Maïssa Bey pour la langue française.
Pour sa part, la présidente du comité d’organisation de ces Rencontres, Dalila Nadjem, qu’on connaît pour son action dans l’édition (elle est propriétaire de la maison d’édition Dalimen) et pour être la commissaire du Fibda, le festival annuel de la bande dessinée, a remercié les participants . «Je tiens à vous remercier de nous avoir fait confiance pour l’organisation de cet événement littéraire, fédérateur et ouvert sur toutes les expressions et les formes d’écriture», a-t-elle déclaré. Elle a ajouté que les Rencontres, qui sont à leur première expérience, sont «un événement national» dont la vocation est de «connecter» le pays à d’autres pays d’Afrique et de Méditerranée, et d’être un «trait d’union» entre les cultures des deux mondes, africain et méditerranéen.

Misères de la programmation
L’idée de ces Rencontres, a-t-elle expliqué, est née d’une rencontre  avec le ministre de la Culture,
M. Mihoubi, lors d’un rassemblement culturel, le 8 mars 2017, à la librairie Point-virgule, qu’elle détient à Chéraga près d’Alger. Elle a vu le jour après le constat que la scène littéraire algérienne féminine regorge de «créativité» et de romancières qui méritent d’être mises en avant et encouragées. «Plus d’une année plus tard, les Ramajes sont aujourd’hui une réalité, elles nous rassemblent autour de la mémoire de Yamina Mechakra», a-t-elle encore dit des Rencontres.
Cependant, cette première édition, si elle a des qualités, elle ne manque pas de défauts non plus.
Notamment celui d’une organisation qui semble avoir beaucoup souffert des nombreuses déprogrammations constatées et des absences imprévues par rapport au programme initial. L’invitée d’honneur, Faïza Guène, ne s’est pas déplacée pour les rencontres pour des «raisons de logistique», a-t-on compris de certaines sources. Plus claires, ces sources ont indiqué que la jeune auteure n’a pas pu disposer à temps de son billet d’avion pour être à Alger.
D’autres personnalités annoncées, comme Lynda-Nawal Tebbani, Selma Guettaf ou encore Rabéa Djelti et Maïssa Bey n’ont pas été au rendez-vous non plus. Le plus délicat est que toutes deux ont été présentées au programme officiel comme présidentes de jury du prix Yamina Mechakra, qui devrait être décerné en fin d’année comme mentionné précédemment.
Y seront-elles ? En marge de cette ouverture, une dizaine d’éditeurs ont exposé leurs ouvrages, accessibles au grand public.
Des amateurs du livre, venus nombreux, ont pu, d’ailleurs, approcher leurs auteures préférées qui pour acheter des ouvrages dédicacés, qui pour discuter de roman et de littérature.n