L’objectif pour les responsables de la gestion du patrimoine algérien sera de «définir une approche intégrée et coordonnée pour la gestion et la réhabilitation de son tissu urbain ainsi que la revitalisation de son tissu socio-économique».

La «conférence internationale sur la conservation et revitalisation de La Casbah d’Alger», organisée par l’Unesco et le ministère de la Culture, s’ouvre aujourd’hui, au Musée des Beaux-arts d’Alger et se poursuivra jusqu’au 23 janvier à l’hôtel Aurassi d’Alger avec l’intervention d’une cinquantaine d’experts internationaux La rencontre de trois jours, qui se déroule du 20 au 23 janvier courant, intitulée «Conférence internationale sur la conservation et revitalisation de la Casbah d’Alger», est organisée dans le cadre de la contribution de l’UNESCO à la mise en œuvre de l’Agenda 2030 des Nations unies en lien avec la conservation urbaine et sera notamment l’occasion de revenir sur l’état de conservation de la vieille ville classée sur la liste du patrimoine mondial en 1992. A ce sujet, le ministre de la Culture, Azzeddine Mihoubi, avait affirmé en marge de la cérémonie de remise officielle d’attestations aux architectes algériens pour intervenir sur les sites protégés que «la préservation de La Casbah d’Alger figurait actuellement parmi les chantiers prioritaires du pays». Le ministre de la Culture a aussi précisé que «la situation de La Casbah est un défi que nous devons relever, mais cela ne pourra se faire qu’à travers une collaboration entre les structures chargées de la préservation des sites, de la wilaya d’Alger, du ministère de la Culture, mais aussi de la société civile et tout particulièrement du monde associatif». Mettant en relief l’importance de s’inspirer des expériences étrangères dans la gestion et la restauration des sites historiques habités, Azzeddine Mihoubi a également déclaré que «la conférence internationale à laquelle participeront près de 50 experts de l’Unesco sera l’occasion de se pencher sur les expériences d’autres pays et de poser la question de la gestion des sites historiques habités».
Cette rencontre internationale, qui débutera dès ce soir (samedi 20 janvier) au Musée des Beaux-arts d’Alger, se poursuivra demain à l’hôtel El Aurassi avec plusieurs communications d’experts internationaux qui présenteront des exemples de réhabilitation de centres historiques comme Rio de Janeiro, Turin, Al-Qods et Istanbul.
L’objectif pour les responsables de la gestion du patrimoine algérien sera de «définir une approche intégrée et coordonnée pour la gestion et la réhabilitation de son tissu urbain ainsi que la revitalisation de son tissu socio-économique». Évoquant l’urgence d’une plus grande prise en charge de La Casbah d’Alger, le Comité du patrimoine mondial suit de près l’état de conservation du site qui présente de sérieuses dégradations de son intégrité physique et des défis majeurs liés à sa gestion, y compris le nombre de ses habitants qui entraîne une surpopulation

Les principaux facteurs affectant l’antique citadelle seraient, selon l’Unesco, la «dégradation de l’espace public et de ses infrastructures (assainissement, eau, électricité et gaz) pouvant causer des écroulements à effet domino», la «dégradation du tissu urbain (parcelles vides ou en ruine)» ou encore «l’absence d’entretien de l’habitat menant à une insalubrité accrue» et un «régime foncier complexe rendant difficiles les interventions publiques de conservation».
Une situation critique de La Casbah d’Alger qui a été aussi évoquée, mardi dernier, par le ministre de la Culture qui a rappelé que «La casbah fait partie des sites qui ont besoin d’une restauration et d’un entretien particuliers. Une partie importante a déjà été restaurée, notamment le vieux fort, la mosquée Ketchaoua qui a été restaurée par une société turque. Tout ce travail montre qu’il y a une volonté forte pour redonner à La Casbah la place qu’elle mérite».
Pour rappel, le secteur de la culture avait défini, dès 2012, un large programme de restauration intitulé «Plan permanent de sauvegarde et de mse en valeur du secteur sauvegardé» (PPSMVSS). Un plan placé en 2016 sous la responsabilité de la wilaya d’Alger.