Le dossier de la réforme des subventions publiques de l’Etat va entamer un tournant avec la tenue de la rencontre devant regrouper partis politiques, organisations patronales et autres organisations syndicales, outre des représentants de l’Assemblée populaire nationale (APN) et des membres du Conseil de la nation.

PAR INES DALI
L’objectif étant d’installer une commission nationale qui sera chargée de ce dossier et qui devra être composée de représentants de l’ensemble des participants.
Si certains ont confirmé leur participation, d’autres ont annoncé leur boycott, tandis que d’autres n’ont pas encore tranché la question comme le Front des Forces socialistes (FFS) qui devra «tenir une réunion pour prendre une décision», selon le membre de l’instance présidentielle, Hakim Belahcel. Plusieurs questions ne semblent pas claires pour le moment pour le parti : «On ne sait pas si l’installation d’une commission nationale sur les subventions est chargée d’élaborer des textes législatifs destinés à mettre un terme aux subventions de l’Etat ou si c’est autre chose. Si c’est le cas, ça va être comme un désengagement irresponsable et condamnable», a-t-il affirmé, dans une déclaration à «Reporters».
Belahcel estime que le FFS «ne sera jamais complice d’une démarche visant à aggraver la situation économique et sociale du peuple algérien, déjà en proie à une vague de paupérisation écrasante et sans précédent». Il soutient que le parti «continuera à défendre le principe de la vocation sociale de notre Etat et la préservation de la dignité humaine des Algériens en toutes circonstances». Soulignant que la commission ad-hoc devant être mise en place ne peut, en aucun cas, être le cadre approprié pour débattre une question aussi sensible, Belahcel indique que le parti «continuera à revendiquer l’organisation d’une conférence nationale économique et sociale, ouverte à l’ensemble de la classe politique, des représentations sociales et syndicales et les experts en la matière, afin d’élaborer des propositions sérieuses et efficientes, capables de nous extirper de ce marasme économique et social».
Pour sa part, le Parti des travailleurs (PT), s’il a pris option pour la participation, c’est pour dire son opposition à la réforme des subventions. Contacté également, le Parti des travailleurs (PT) a indiqué qu’il préférait répondre par un communiqué de presse. Dans ce dernier, il a indiqué qu’après avoir reçu «un courrier de la présidence de la République à travers lequel il lui est demandé de désigner un représentant à la commission chargée de réviser le système des subventions sociales qui sera installée mercredi 18 mai 2022 par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune», il a décidé d’y prendre part car «il a qu’il s’agit d’une question fondamentale pour la survie de l’immense majorité du peuple».
Le parti de Louisa Hanoune «a décidé d’y aller pour exprimer sa position, connue de tous, à savoir le maintien des subventions de l’Etat aux produits et services de large consommation et des transferts sociaux, car ils font partie des principaux fondements de l’Etat social, produit de la Révolution de novembre 1954 et du sacrifice de 1,5 million de martyrs». Cette position du PT ne date pas d’aujourd’hui, c’est pourquoi il a tenu à rappeler son «opposition à toute remise en cause d’un des principaux acquis de l’indépendance nationale qui a permis au pays des avancées considérables dans la lutte contre la pauvreté par l’amélioration du pouvoir d’achat, des services publics et plus généralement le progrès socio-économique».
«Le PT ira donc pour défendre le maintien des subventions de l’Etat dans une situation marquée par l’effondrement social généralisé sans précédent qui fait peser les plus grands dangers sur la cohésion nationale et donc la stabilité du pays», a conclu le parti dans son communiqué.
Pour sa part, le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) a déclaré ne pas avoir été convié pour assister à la rencontre, selon son chargé de la coordination Ouamer Saoudi.
Ainsi, il semble que les partis ne seront pas tous présents à la rencontre qui revêt, pourtant, une importance capitale vu l’enjeu sociétal qu’elle représente. Ce qui est certain, selon les observateurs, c’est que les formations politiques qui ont été reçues la semaine dernière par le Président y prendront part, à l’instar de Jil Jadid, du MSP, du FLN, et du RND ou encore du Front El Moustaqbel et El Bina. n