Après un retard de pratiquement trois trimestres, la 5e et 6e primes Covid sera versée dans les prochains jours, selon Dr Lyes Merabet, président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP).

Par Sihem Bounabi
Il a déclaré, hier, à Reporters que «le ministre de la Santé nous a assuré que ces primes seront versées dans les prochains jours» et soulignant que «le travail au niveau de la tutelle a été fait. Les courriers ont été envoyés au Premier ministère et au ministère des Finances. Les choses sont sur la bonne voie pour le versement de cette prime».
Dr Lyes Merabet souligne toutefois que pour que le problème de retard du versement de la prime Covid soit définitivement solutionné, les syndicats de la santé avaient réclamé qu’elle soit une prime germanisée en tant que prime des situations pandémiques et qu’elle entre dans le cadre du régime indemnitaire des professionnels de la santé et que sa valeur soit accordée dans le budget des établissements.
La problématique du versement de la prime Covid a été évoquée lors de la récente audience accordée par le ministre de la Santé Abderrahmane Benbouzid au SNPSP, dans le cadre de la poursuite du dialogue avec les partenaires sociaux du secteur de la santé. Il est à noter que le SNPSP a toujours parlé du dossier Covid et «pas uniquement de la prime qui est un élément de ce dossier», précise Dr Lyes Merabet. Il clarifie ses propos en soulignant que dans le dossier Covid, il y a aussi la prime du capital décès accordé par le Président de la République aux familles qui ont perdu un proche, professionnel de la santé, du fait de cette pandémie qui n’est toujours pas réglée aujourd’hui. Il s’agit également de la mesure incitative décidée par le Président de la République de la couverture de l’assurance maladie à 100% qui n’a toujours pas été appliquée, ainsi que l’autre mesure incitative qui est la bonification par rapport à la cotisation aux retraités pour tous les professionnels de la santé mobilisés dans le cadre de la lutte contre la Covid. «Là aussi, aucune suite n’a été donnée aux décisions de la du Président de République annoncées officiellement à l’opinion publique», se désole-t-il.

Pour une prise en charge «sérieuse» du statut particulier
Concernant le volet socioprofessionnel, cette rencontre a aussi été l’occasion pour le SNPSP d’aborder le retard dans la prise en charge de la réforme du statut particulier. Selon le président du SNPSP «nous avons exprimé notre mécontentement sur le rythme qui est accordé à ce travail. Une seule réunion concernant ce dossier a eu lieu le 24 août dernier, où on a officiellement remis nos propositions. On devait se réunir dans la semaine qui suit dans le cadre d’un comité ad hoc pour commencer déjà à discuter des différentes propositions. Malheureusement, il n’y a pas eu de réunion sur ce dossier et nous avons demandé à Monsieur le ministre de la Santé d’intervenir et de veiller à ce que ce travail puisse reprendre le plus tôt possible de manière plus sérieuse et à un rythme qui sied à la situation».
Dr Lyes Merabet souligne aussi que d’autres dossiers ont également été abordés lors de l’audience accordée par le ministre de la Santé au SNPSP, dont notamment celui du Doctorat de médecine dentaire et de pharmacie. Il explique à propos de ce dossier que «du moment que nous avons remis au ministre de la Santé une copie de l’arrêté interministériel qui a été publié en septembre 2021 et qui concerne le doctorat en langue arabe et d’autres doctorats en sciences sociales, officiellement, le Premier ministère à travers la Fonction publique, les finances et l’enseignement supérieur ont signé un arrêté ministériel qui classifie ces doctorats à la 16, dans la grille des salaires. Comme c’est le cas pour le doctorat de médecine générale. Il s’insurge du fait que l’«on a omis de dire qu’il y a d’autres doctorats qui ne sont pas classés, notamment celui de pharmacien et de médecin généraliste. Nous avons demandé à Monsieur le ministre d’intervenir pour que cette situation soit régularisée car, encore une fois, il y a des omissions lorsqu’il s’agit du corps des praticiens du secteur public ou du secteur public».
Un autre dossier a été mis sur la table des discussions, en l’occurrence celui de la médecine générale en tant que spécialité. Le président du SNPSP déclare à ce sujet : «Nous avons demandé à ce que ce dossier soit sérieusement traité au niveau du ministère de l’Enseignement supérieur.» Il précise ainsi qu’«il était question de former des médecins généralistes spécialistes à partir de la rentrée universitaire 2017-18, et c’est un acquis après un long travail que nous avons fait et où nous avons abouti à un accord de principe pour le lancement de ce cursus universitaire. Malheureusement, le ministère de l’Enseignement supérieur a rendu public un communiqué, où il a fait machine arrière en informant que rien ne va changer par rapport au cursus de formation de médecins généralistes. Il commente cette décision en confiant : «Apparemment, il y a eu un veto de la part de parties occultes qui sont contre cette réforme, alors que cela se fait dans la plupart des pays dans le monde. Ce n’est pas normal, car dans la loi de la santé de 2018, on parle du médecin référent et de l’organisation à mettre en place dans le système de santé. Cela ne peut se faire qu’à travers une révision dans le cursus de formation et une revalorisation de la profession à travers ce diplôme de spécialité de médecine générale.»
L’une des revendications socioprofessionnelles évoquées par le SNPSP est celle des concours des différents grades prévus au mois de novembre prochain. Dr Lyes Merabet souligne à ce propos : «Nous avons dit au ministre qu’on espérait après avoir entendu les témoignages de gratitude et par rapport aux sacrifices des professionnels de la santé, que ces concours soient mis de côté. D’autant plus qu’en tant que syndicat nous avons demandé officiellement qu’il y ait une promotion automatique de grade pour ceux qui ont l’ancienneté requise. Malheureusement, là aussi, cela n’a pas été retenu et les concours pour la promotion des différents grades se dérouleront donc au mois de novembre prochain.» Il ajoute toutefois qu’un acquis sur ce dossier a réussi à être arraché par le syndicat, l’avantage que les services du Premier ministère ont accordé une dérogation pour une transformation automatique des postes. Dr Lyes Merabet explique que «cela veut dire que l’on n’aura pas à ouvrir de nouveaux postes budgétaires pour la promotion et que tous ceux qui ont l’ancienneté requise pour un grade supérieur pourront s’inscrire et participer à ces concours. Il y aura autant de postes pour les candidats qui vont être reçus dans le cadre des concours. C’est le seul gain qui a été accordé». Notre interlocuteur tient à rappeler que pour la majorité des praticiens de la santé publique, le dernier concours national a été organisé en 2015, soulignant que «cela fait pratiquement six ans que le concours n’a pas été organisé, alors que normalement ce sont des concours organisés annuellement, à cause de différents aléas et de problèmes logistiques qui ont fait que les situations se sont accumulées depuis 2015». Concernant les entraves syndicales de la part de responsables locaux, le président du SNPSP souligne que le sujet a encore une fois été abordé avec le ministre de la Santé qui s’est engagé à le prendre en charge. <