Malgré les assurances et les garanties faites par le ministère de la Santé, de la Réforme hospitalière et de la Population, les étudiants en pharmacie ne décolèrent pas et refusent de lâcher prise, annonçant la poursuite de leur mouvement de grève entamé il y a plus de trois mois.

« Le ministre de la Santé Abdelmalek Boudiaf, lors de la réunion de jeudi dernier, nous avait promis de publier un communiqué rapportant l’ensemble des décisions prises lors de cette rencontre. Cependant, son département a publié un document non signé », nous a déclaré le représentant des étudiants grévistes.
Avant d’ajouter : « Le document ne rapporte pas certains points sur lesquels nous nous sommes entendus et c’est pour cela que nous allons continuer notre grève tout en réclamant un autre document officiel. »
Pour sa part, le ministère de la Santé a indiqué, hier dans un communiqué, que la réunion qui avait regroupé les cadres du ministère et les représentants des étudiants s’est déroulée dans une « ambiance empreinte de franchise et de grande cordialité ».
Le communiqué annonce la création du poste de pharmacien assistant dans les officines qui est « déjà pris en charge et ancré dans le projet de la nouvelle loi sanitaire ».
Le ministère a également indiqué qu’il engagera « immédiatement », par voie règlementaire et en concertation avec toutes les parties concernées, une étude pour préparer la mise en œuvre « rapide » de cette disposition. S’agissant du recrutement des pharmaciens dans les structures de santé, précisément dans les cliniques et hôpitaux du secteur privé, le nouveau cahier des charges prévoit «l’obligation de disposer d’un service de pharmacie », est-il relevé dans le communiqué. C’est dans ce sens qu’une instruction ministérielle sera envoyée cette semaine pour rappeler que le service de pharmacie, conformément à la règlementation, « doit être encadré par un pharmacien pour gérer les produits pharmaceutiques en toute sécurité ».
Aussi, pour les structures publiques de santé, le secteur public recrute déjà sur titre les pharmaciens spécialistes et sur concours les pharmaciens généralistes, a rappelé le ministère, précisant dans ce cadre que plus de 200 postes budgétaires sont disponibles dans différentes wilayas pour le recrutement de pharmaciens généralistes.
Pour ce qui concerne les pharmaciens inspecteurs, 180 médecins généralistes, chirurgiens-dentistes et pharmaciens sont actuellement en formation en qualité de praticiens inspecteurs, note la tutelle, qui annonce qu’un autre concours aura lieu pour renforcer le nombre de pharmaciens inspecteurs à l’effet de «mieux encadrer la profession ».
A propos des nouvelles spécialités pharmaceutiques, le ministère indique dans le communiqué qu’il recrutera les diplômés des nouvelles spécialités « sur la base de ses besoins stricts ».
Il ajoute, concernant ce même point, qu’il engagera avec le département de l’Enseignement supérieur un « travail de réflexion » pour « maîtriser » les flux et les filières de formation post graduée en pharmacie pour que le produit de la formation soit « en adéquation avec les besoins du secteur de la santé et ceux du marché du travail ».
Concernant le problème « d’ordre strictement pédagogique » du stage en pharmacie hospitalière, le ministère informe qu’il offre « toutes les facilités » pour l’accueil des étudiants dans les structures publiques de santé. Enfin, et en ce qui concerne les revendications liées au nouveau diplôme de docteur en pharmacie, le ministère informe qu’il a déjà entamé avec les services compétents la révision des textes selon les directives du Premier ministre ». Il y a lieu de rappeler que les étudiants en pharmacie de dix départements à travers le territoire national sont en grève depuis plus de trois mois. Des représentants de ces étudiants ont même été reçus par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, le 5 février dernier.