L’écrivain, enseignant-chercheur et universitaire, Rachid Sidi Boumedine, auteur du très remarqué essai intitulé «Aux sources du Hirak», publié par les éditions Chihab, sera présent cette après-midi dès 14 heures à la librairie Média Book de l’Enag, dans le cadre de la rencontre littéraire hebdomadaire «l’Agora du livre».

Abdelhakim Meziani, l’animateur de cet espace littéraire, précise dans la présentation de cette rencontre-débat que le chercheur, notamment, spécialisé en études sociologiques mais également largement connu du public pour ses études dans les domaines de l’urbanisme et de l’aménagement, reviendrait sur les motivations de l’écriture de son ouvrage consacré au Hirak. Un ouvrage très engagé, donnant au lecteur sur plus de 300 pages plusieurs «clefs» de compréhension sur les causes et sur l’avenir du mouvement populaire.
En effet, cet ouvrage, qui se présente comme l’occasion de remonter «aux sources» du mouvement populaire algérien, propose des pistes à même d’expliquer les racines d’un «mouvement puissant et pacifique dont le patriotisme joyeux souligne parfaitement les mécanismes de résilience et de survie d’une société face à un système clientéliste et ses réseaux rentiers».
L’auteur, qui partage ainsi son intérêt pour un mouvement «unique en son genre», nous a récemment déclaré, lors d’une rencontre organisée par son éditeur, que la particularité du Hirak aura été de trouver le point commun entre les différentes luttes qu’à connues le pays depuis plusieurs années, affirmant qu’ «avant le Hirak, l’Algérie n’avait connu que des mouvements de lutte au niveau local». Une convergence rendue possible par le sentiment d’appartenance à un même peuple, avait ajouté Rachid Sidi Boumedine, estimant que «s’il est faux de croire que les réseaux sociaux ont fait le Hirak, il ont néanmoins permis l’interconnaissance des luttes. Cela a fait comprendre à tous que nous étions un seul peuple, c’est en cela que le Hirak a été plus efficace que tous les sociologues des vingt dernières années».
Texte qui apparaît, par ailleurs, comme porteur d’un caractère personnel pour son auteur. «Au fil des vendredis, le citoyen cède le pas au sociologue qui veut comprendre, aller plus loin et saisir le pourquoi et le comment de cette société qui s’est unie et réunie sous les mêmes slogans». Un autre aspect qui devrait aussi être mis en avant, lors de la rencontre de cette après-midi, celui que l’ouvrage «Aux sources du Hirak» reste tourné vers l’avenir, en analysant les «paramètres» actuels et en proposant des lectures des prochaines étapes. Rachid Sidi Boumedine avait, en ce sens, expliqué qu’après un an de manifestations la suite du traitement du Hirak resterait liée à l’état de la situation financière du pays. «La rente, l’instrumentalisation de la loi et la domestication des servants» étant pour Rachid Sidi Boumedine les trois caractéristiques du système politique. Il souligne dès lors qu’«aujourd’hui, il n’y a plus de rente à se partager, le système devra se décanter, faire des choix. Mais il devra les faire en prenant en compte le Hirak et la perte de ses ressources».