La 10e rencontre euro-maghrébine, réunissant des écrivains maghrébins et européens sur le thème  «Souvenirs ! Souvenirs ! aux sources de l’inspiration », a été inaugurée, avant-hier, par le chef de la délégation de l’UE à Alger, John O’Rourke, et s’est poursuivie tout au long de la journée avec au programme les interventions d’écrivains afin de partager leurs sources d’inspiration puisée dans la réminiscence de l’esprit.

Organisée par la délégation de l’Union européenne à Alger, en marge du Salon international du livre d’Alger (Sila), qui se tient au Palais des expositions des Pins-Maritimes depuis mardi passé, cette 10e édition a abordé l’impact des souvenirs et du vécu sur l’écrit littéraire. Ainsi, des auteurs européens comme Ioan Maorar de Roumanie, Pedro Enriquez Martinez d’Espagne et Stavroula Dimitriou de Grèce ont partagé avec les présents leurs expériences personnelles d’écriture et la place que tient le souvenir dans leurs écritures. La littérature maghrébine est, quant à elle, représentée par le Marocain Charafdine Majdouline, le Tunisien Choukri Mebkhout et les auteurs algériens Nassira Belloula et Samir Toumi. Lors de cette rencontre, le souvenir est abordé par les participants comme une matière première utilisée dans l’écriture, déformée pour les besoins de la fiction ou restituée en l’état dans des écrits. C’est dans cet esprit que les différentes séances avaient notamment pour thèmes «les cent visages du souvenir», «Sans souvenir, pas de littérature». Il est à souligner que l’objectif de cette 10e rencontre des écrivains euromaghrébins vise à explorer les différents aspects de la thématique afin de découvrir, à partir des pratiques d’écriture, comment chaque auteur utilise ses souvenirs ? Et quelle part prennent-ils dans leurs projets ? Ainsi, pour Choukri Mabkhout, écrivain et linguiste tunisien, «les romanciers mentent et falsifient la réalité des histoires dans un roman. Cela, est parfois nécessaire pour l’harmonie du texte». Il estime également que «l’écrivain maghrébin doit raconter l’histoire de son pays. Il ne faut pas imiter ni les Occidentaux ni les Orientaux». Pour lui, cela est un défi à relever. Quant au narrateur et éditeur l’Espagnol Pedro Enriquez Martinez, «les souvenirs ont été toujours le matériel avec lequel nous construisons la littérature», ajoutant que «l’observation est également un outil de littérature». Selon lui, «le poète est celui qui a la capacité de transformer les détails de son observation en souvenir». Affirmant qu’ «il n’y a pas une poésie sans émotion».  Se prononçant sur le futur de l’écriture et des écrivains, l’écrivain espagnol pense que «la littérature ne se perdra jamais», et que ce qui va changer c’est «les modes de communication».  Pour sa part, l’écrivain roumain, Ioan Maorar, soutient qu’«il faut écrire pour se souvenir». Il souligne la nécessité de rédiger ses souvenirs et de les diffuser en clamant «je me souviens, j’écris, je me souviens, j’existe». Pour rappel, le Sila se poursuivra jusqu’au 10 novembre prochain. Plusieurs rencontres thématiques sont organisées quotidiennement en marge d’une exposition rassemblant un millier d’éditeurs venus de près d’une cinquantaine de pays.