Par Sihem Bounabi
A J-6 de la grève nationale annoncée par les pharmaciens d’officine pour dénoncer les nouvelles taxes fiscales jugées «injustes» et une «véritable menace pour la survie des pharmaciens d’officine en Algérie», la journée d’hier a été marquée par les audiences accordées au Syndicat national des pharmaciens d’officine (Snapo) successivement par le ministre de l’Industrie pharmaceutique Ali Aoun et celui des Finances, Brahim Djamel Kassali, en présence de la Directrice générale des impôts.
Cette course contre la montre pour trouver une solution à ce contentieux présage que les réclamations des pharmaciens de lever cette nouvelle taxe ont été prises en considération par le gouvernement. Par conséquent, le Snapo se dirige vers la levée du mot d’ordre de grève et éviter la paralysie des pharmacies sur tout le territoire national.
Le ministre de l’Industrie pharmaceutique, à travers cette rencontre, a ainsi exprimé son soutien et son engagement à trouver une solution aux problèmes que rencontrent les pharmaciens d’officine. Ainsi, l’ordre du jour de l’audience accordée à la délégation du bureau national du Snapo, conduite par son président, Messaoud Belambri, est «l’étude de l’ensemble des problématiques liées à l’exercice officinal, en raison, notamment, des dernières mesures fiscales», précise un communiqué du ministère de l’Industrie pharmaceutique. Il est également souligné que cette rencontre «entre dans le cadre du dialogue permanent et de la concertation continue avec les partenaires sociaux, notamment les représentants des pharmaciens officinaux».
C’est dans cet esprit, que le ministre a réitéré «son engagement auprès des pharmaciens d’officine, en raison de leur position constante et responsable quant à la promotion et la dispensation des médicaments issus de la production nationale, notamment des insulines qui seront mises sur le marché prochainement».
Estimant ainsi que cela «permettra d’asseoir une souveraineté sanitaire plus large et une meilleure prise en charge thérapeutique des patients». Il est à noter que dimanche dernier, le Snapo avait réitéré l’envoi de demandes d’audience notamment au ministre de l’Industrie pharmaceutique et au ministre des Finances, d’autant plus que face à l’acharnement de la Direction locale des impôt de Guelma malgré les discussions entamées entre le Snapo et la Direction générale des impôts,
Dr Messaoud Belambri avait expliqué que « c’est le ministre des Finances qui a les prérogatives et l’autorité d’annuler cet acharnement en levant cette procédure fiscale injuste».
Pour rappel, la nouvelle mesure fiscale qui a déclenché l’annonce d’une série d’actions de protestations, dont le préavis de grève nationale le 16 janvier prochain, est une taxe suivie de pénalités et un redressement de quatre années sur des aides accordées par l’Etat considérées comme bénéfices.
Les pharmaciens ont dénoncé les conséquences désastreuses d’un tel redressement fiscal «illogique» d’autant plus que cette aide de l’Etat est accordée uniquement dans le cadre du tiers payant et pour les produits pharmaceutiques produits en Algérie afin de promouvoir les médicaments produits localement et préserver la continuité du service du tiers payant aux profits des assurés sociaux. <