L’Algérien Lahbib Bessayah, le Tunisien Chokri Mabkhout et le Marocain Charafdin Majdouline se sont réunis, avant-hier, pour discuter le positionnement du roman maghrébin par rapport à l’Occident et l’Orient. Dans le cadre des animations culturelles de la 23e édition du Salon international du livre d’Alger (Sila). Ainsi, pour les trois auteurs maghrébins, «le roman maghrébin doit garder la langue et la culture du Maghreb».

Selon Lahbib Bessayah, «la langue du roman maghrébin est l’un des éléments qui n’encouragent pas la littérature maghrébine à émerger au Moyen-Orient ». Et que «la vie du roman maghrébin en langue arabe ne dépasse pas les quarante ans. Par contre, en Egypte, elle dépasse les 100 ans», a-il-déploré. Malgré cela, l’écrivain algérien insiste que «l’auteur maghrébin doit refléter la culture maghrébine -langue, esprit, histoire… dans ces écrits ». A ses yeux, en Algérie, le roman maghrébin en langue française est plus médiatisé que celui en arabe.
Le critique littéraire marocain a, quant à lui, souligné que le roman maghrébin se trouve entre deux langues, cultures qui sont l’arabe et le français, ce qui fait son « originalité ». Cela, incite, en outre, à évoquer la question de «l’identité» chez les Maghrébins. «Le dialogue sur l’identité est très important chez les écrivains», a-t-il affirmé à ce sujet.
De son côté, Chokri Mabkhout a souligné l’importance des romans, notamment dans la transmission des traditions et des coutumes dans les sociétés. «Le roman est le seul moyen qui fait transmettre les traditions d’une génération à une autre», a-t-il souligné. En outre, l’auteur tunisien a fait savoir que la production des romans au Maghreb est très «faible» par rapport aux autres sociétés. Se prononçant sur les prix dans le monde arabe, il estime que les gagnants des prix sont vus comme des «maudits», selon son expression.