La problématique de la gestion touristique en Algérie est au cœur de la rencontre de l’ «Agora du livre » de la médiathèque Media Book de l’Entreprise nationale des arts graphiques (Enag) qui sera animée, aujourd’hui 16 juillet, par l’expert et ancien cadre du secteur touristique Saïd Boukhelifa, à l’occasion de la présentation de son ouvrage intitulé «Mémoires touristiques algériennes de 1962-2018» publié aux éditions Edilivre. Dans la présentation de cette rencontre, les organisateurs soulignent que l’auteur, à travers son expérience au sein d’un système qui a marginalisé les compétences, apporte un regard lucide et sans concession sur la lente érosion du capital touristique algérien, qui a conduit inéluctablement à dévaloriser la destination Algérie tant au niveau du potentiel de touristes locaux qu’internationaux, malgré le potentiel naturel et culturel pour dynamiser un véritable tourisme de masse. Saïd Boukhelifa écrit à ce propos que «cet ouvrage, le premier du genre par sa tonalité et par ses révélations depuis l’Indépendance, espère combler un vide et contribuer à provoquer un débat de fond de nature à susciter l’implication motivée de tous les Algériens dont une grande partie reste à convaincre car, longtemps, trop longtemps lovés dans les limbes de l’irréel et du virtuel. Depuis 1982, quelle constance dans les discours politiques creux – le tourisme créateur de richesses, d’emplois juvéniles et générateur de rentrées de devises –, mais quelle déconvenue dans les résultats à chaque fois !» Le tourisme culturel est également au cœur de la préoccupation de l’auteur auquel il y consacre un chapitre entier dans lequel «il s’insurge» contre la négligence d’une promotion intelligente d’un patrimoine qui pourrait être une source assez importante de rentrée de devises. C’est certainement avec la même franchise qui distingue son écriture que Saïd Boukhelifa va aborder, lors de cette rencontre, l’état des lieux du tourisme algérien. Un constat teinté de révolte comme il le souligne dans son livre analytique : «Leur indifférence, leur passivité et leur laxisme ont contribué à construire cette mauvaise image que l’Algérie touristique a supporté et traîné en elle pendant plus de trente-sept années, de 1981 à 2018. » L’auteur confie, également, à propos de l’écriture de cet ouvrage que «c’est un exercice guère facile qui charrie des réminiscences troublantes, car j’ai été un témoin impuissant d’une longue et pénible période, caractérisée par l’hésitation et le doute puis, par la déconstruction voulue, sciemment ou inconsciemment, de la destination Algérie ». Kh. A.