Le nouveau Makri est arrivé. Apparemment, le leader du Mouvement de la société pour la paix (MSP) choisit une autre voie pour faire de la « politique », celle d’attaquer à outrance. Tout le monde y passera, sauf le chef de l’Etat, « Si Tebboune » rectifiera Abderrazak Mokri, comme si un président de la République ne méritait pas un simple « Monsieur ». Passons…
Dans une rencontre régionale des structures du parti, plusieurs wilayas de l’Est ont fait le déplacement à Constantine pour prendre note des dernières directives du bureau national du MSP. Béjaïa, Batna, Khenchela, Skikda, Jijel, Oum El Bouaghi, et bien sûr Constantine, ont vu les militants du parti si cher à feu Mahfoud Nahnah répondre présents dans la salle du palais de la culture Malek-Haddad.
« Le pays ne sera et ne pourra être qu’arabo-musulman, n’en déplaise à certains », affirmera d’emblée Makri qui a choisi de « devenir méchant » (sic). Il commencera par faire une allusion à peine feinte contre le Hirak pour affirmer que le pays « ne saurait vivre et s’émanciper sans les partis que l’on veut voir disparaître ». Pour dire par la suite que le MSP n’est pas un parti de quota et de privilèges, ses militants arriveront à gérer une APC, une APW ou être membre de l’APN, ce sont « des gens propres ». Une précision pour ouvrir les hostilités sur le FLN qui a raté une chance d’instaurer le multipartisme en 62, puis en a créé un de façade après octobre 1988.
Bouteflika, qui était encensé il n’y a pas si longtemps par ce parti et par bien d’autres, «est une personne qui ne croit ni en les institutions étatiques ni en les associations, et encore moins en les partis. Il ne croyait qu’en sa sacralisation, ce qui a fait que l’ère de la issaba, la corruption et la faillite ont été le résultat de sa politique». Puis, subitement le Hirak sera pris à témoin et devra résoudre les problèmes (re-sic), et ne saurait être contre tous les partis, car «nous avons une empreinte dans le Hirak et chaque vendredi j’en fais partie. Et si je le voulais, j’aurais derrière moi des milliers de personnes». Sauf que les partis « laïcs extrémistes (ça existe un laïc extrémiste ?), jaloux de notre succès en politique font tout pour nous briser ». C’est ainsi que Makri promettra les feux de l’enfer aux francs-maçons, ouled frança, aux laïcs extrémistes, aux «contre» la langue arabe, et… le Rotary Club, qui, tous, veulent s’approprier « el Hirak el moubarak ». Il justifiera le dialogue initié avec le président Tebboune pour le bien de tous, et surtout qu’il faudra maintenant une APN représentative, écorchant au passage le FLN et le RND sans les nommer.
Il prendra à témoin une salle qu’il aurait voulu plus surchauffée, pour affirmer que le « MSP est le parti le plus actif d’Algérie et que nous ne sommes pas un parti de circonstance. La preuve ? Nous avons fait en 2019, cinq mille rencontres et meetings ». Ce qui fera quelque chose comme 14 rassemblements par jour… (re sic) !
Puis, à main levée, il proposera de… changer de capitale pour une ville « de l’intérieur qui ne serait pas une cible facile pour nos ennemis. Une ville fortifiée, qui ne tomberai pas au premier missile ». Et pour cela, il y aura un… vote à main levée qui approuvera le changement d’Alger contre une ville de l’intérieur ! « Je ne voudrai pas que les Algérois soient rois, et que les Algériens soient rien », haranguera-t-il. En somme, une rencontre qui en dit long sur les intentions du parti et de la nouvelle stratégie du parti islamiste pour prendre le pouvoir, « pacifiquement et en faisant parler les urnes », tiendra à préciser Makri, et c’est tant mieux !