La salle de conférence du Sila, au pavillon G, a abrité, mercredi dernier, une rencontre avec une pléiade d’intellectuels cubains qui se sont penchés sur la relation historique entre l’Algérie et Cuba,

à l’occasion d’une rencontre thématique placée sous le slogan «Bonjour à l’Amérique latine». Les intervenants ont, majoritairement, évoqué de nombreux points en commun entre les deux nations, à l’instar de la révolution qui a fait la gloire des deux pays et les différentes aides et soutiens échangés entre les deux nations, dont notamment les aides humanitaires cubaines durant la guerre d’indépendance de l’Algérie.
Le professeur Reinaldo M. Sanchez, qui a été le premier à prendre la parole, a présenté un compte-rendu détaillé des relations algéro-cubaines, en commençant par rappeler la grande amitié que voue son pays aux Algériens.  Il confie aux présents : «J’ai lu dans la presse la grande sympathie qui unit nos deux pays. L’Algérie a soutenu Cuba dans ses moments les plus difficiles. Ce soutien, notre peuple ne l’oubliera jamais.» Il évoquera notamment, à ce sujet, le fait que «l’ancien président algérien Ahmed Ben Bella a été l’un des premiers à avoir brisé l’embargo américain, lorsqu’il s’est rendu à Cuba au début des années 1960».
Le conférencier a ensuite rappelé l’aide humanitaire de son pays pour l’Algérie, notamment durant la guerre de Libération nationale, où plus de huit cents blessés algériens étaient soignés à Cuba. Il précisera qu’après l’indépendance de l’Algérie, «une centaine des plus brillants médecins cubains ont été envoyés en Algérie et en Afrique pour former les médecins de l’Algérie post-indépendance». Cette coopération traduit, selon le conférencier, l’amitié historique entre les deux pays, mais aussi, avec les jeunes nations africaines. Il rappellera à ce propos que «Cuba était considérée, pour l’anecdote, comme étant le 55e pays africain au vu de son grand dévouement et sa volonté d’aider la médecine africaine». Pour illustrer l’abnégation des médecins cubains auprès des nations africaines, l’intervenant affirme qu’un médecin cubain a surpassé la peur de la mort en décidant de retourner en Afrique dans une mission humanitaire après sa convalescence, «alors  qu’il  venait juste de guérir après avoir été contaminé par le dangereux virus d’Ebola», a-t-il souligné.
A propos de ce lien fraternel qui unit Cuba au continent africain, l’auteure et médecin Liadi Fernandez Do Juan est revenue, lors de son allocution, sur les riches expériences humaines qu’elle a vécues en Zambie. Un vécu émouvant sur lequel elle a écrit trois grands ouvrages qui connaissent un franc succès auprès des lecteurs.
Pour sa part, dans le registre de la coopération littéraire, Iyaimi Palomares Mederos, responsable des éditions Arte y Literatura, a rappelé les efforts de sa maison d’édition pour traduire en espagnol les œuvres des auteurs algériens, à l’exemple d’Abdelhamid Benhedouga, Malek Benabi, Djaoudet Gassouma, Saïd Boutadjine, Meziane Ferhani, Hamdane Khoudja et Azzedine Mihoubi et d’autres. Une démarche de traduction d’auteurs algériens de différents styles et générations, dont le principal objectif est de donner plus de visibilité aux plumes algériennes auprès des lecteurs cubains. D’autant plus que le prochain Salon international du livre de Cuba, en 2019, mettra à l’honneur l’Algérie.
F. D