L’écrivain et romancier, qui se présente uniquement sous le nom de « Ame Amour », était mardi l’invité de l’Agora du livre, de la librairie MédiaBook d’Alger. L’auteur, très discret sur son parcours personnel et néanmoins prolifique, a déjà publié à l’Entreprise nationale des arts graphiques (Enag) pas moins de huit ouvrages en près d’une décennie.
A l’occasion de cette rencontre avec le public, où il a notamment été question de ses quatre « polars » dans lesquels on retrouve le personnage principal de « Karim », mais aussi un texte qui entraîne le lecteur dans le milieu de l’art en suivant la restauration d’un tableau de l’Emir Abdelkader, ou encore un beau livre proposé par l’auteur, abordant à travers des poèmes, des textes et des photographies, l’histoire et « le sentiment particulier » que lui inspire la ville de Ghardaïa.
La rencontre ayant suscité la curiosité des habitués de la librairie, qui voulaient découvrir qui se cachait derrière le pseudonyme d’Ame Amour, l’auteur fait cependant le choix de n’aborder ni son parcours ni sa carrière ni même ses origines. Mais on comprendra entre les lignes que l’auteur vit actuellement à l’étranger, en Suisse peut-être, mais qu’il conserve un lien très fort avec l’Algérie, notamment avec les régions du Sud. Ame Amour, déclarant à ce titre : «J’ai eu le projet de consacrer des ouvrages aux différentes régions d’Algérie et à ses quatre points cardinaux (…) J’ai commencé avec la ville du Ghardaïa. »
En ce sens, l’auteur, visiblement porteur d’une solide expérience du monde, expliquera à plusieurs reprises que sa vie était faite de voyages et de «beaucoup d’observations». Et on comprendra que c’est justement cette capacité de description du vécu qui est au centre du travail de l’écrivain. Il souligne à ce sujet que l’ «on peut regarder ce qui se passe dans une rue et écrire un roman (…) mais ce qui me pousse à écrire est une envie de partager des histoires », confiant que «mon but est de soigner les gens à travers des livres».
Revenant sur les aventures du personnage « Karim » qu’il a créé dans ses romans policiers, on apprendra ainsi que Karim, le héros des romans « Karim, inspecteur malgré lui » « Karim, le possible de l’imaginable » ou « Les tribulations de Karim à Alger », n’est pas uniquement le fruit de son imaginaire. Il avoue aux présents que «j’écris des histoires à partir de faits de société (…) Des amis policiers en France me racontent certains aspects de leur travail. Mais bien sûr tout est romancé pour ne pas leur porter préjudice».
En effet « Karim » est sollicité par les services secrets français pour diverses enquêtes qui le mènent notamment sur la piste de trafiquants internationaux de fausse monnaie. L’auteur a également abordé avec les présents son texte romanesque intitulé «Les turbulences d’un Emir chez les Donliards», ou encore le texte fantastique «Transmutation». Toutefois, l’ouvrage à l’origine de l’organisation de la rencontre a néanmoins été le beau livre intitulé «Ghardaïa, l’éblouissante émeraude», une occasion, explique l’auteur, d’aborder l’apport de la communauté mozabite à l’histoire du pays, mais aussi de parler de l’architecture et de la vie de cette ville « particulière ». Un ouvrage auquel on pourra néanmoins reprocher une qualité d’impression très moyenne, mais qui reste richement illustré de photographies prises par l’auteur lui-même. «Je suis également photographe amateur, mais cependant perfectionniste», explique Ame Amour à propos de son ouvrage.