Pas moins de seize partis politiques se retrouveront aujourd’hui au siège de l’Alliance nationale républicaine (ANR), à Bouchaoui à Alger, à l’invitation de Belkacem Sahli.

Le secrétaire général de l’ANR, qui a appelé le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, briguer un autre mandat «pour la continuité des réformes et la poursuite du processus de développement», tentera à coup sûr de convaincre les responsables de ces formations politiques, que l’on désigne souvent par «microscopiques» eu égard à leur très faible présence et représentativité, de rejoindre le train en cours pour un 5e mandat. Sahli, qui soutient publiquement Bouteflika en prévision de la présidentielle de 2019, arrivera-t-il à rallier une quinzaine de partis à la « précampagne » lancée par la majorité présidentielle ? Très probablement. Mais, indépendamment des conclusions qui en découleront, ce qu’il faut relever c’est que ce rendez-vous intervient dans un contexte où la scène politique a replongé dans sa morosité durant toute une semaine, après une période très mouvementée.

On est, en effet, passé des rencontres bilatérales entre partis politiques, parfois avec deux à trois rendez-vous par jour, à une période de vide où tout le monde est rentré chez soi. A l’exception du Front des forces socialistes (FFS), qui a multiplié les rencontres et meetings, et de l’action de protestation avortée des animateurs du mouvement Mouwatana (Citoyenneté), les acteurs politiques ont déserté le terrain. Abderrezak Makri, qui a occupé le terrain et les médias avec l’initiative de son parti, le Mouvement de la société pour la paix (MSP), pour un consensus national, a disparu des radars. Tout comme le parti du Front de libération nationale (FLN), et son secrétaire général Djamel Ould Abbès qui a aussitôt répliqué en faisant de son siège à Hydra lieu de pèlerinage pour plusieurs chefs de parti. C’était la bousculade au portillon. Désormais, c’est le vide ! La trêve estivale a fini donc par reprendre le dessus en cet été caniculaire.

Les raisons du relâchement

Ould Abbès a promis d’organiser une conférence de presse pour rendre public le bilan des réalisations du Président Abdelaziz Bouteflika durant ses 20 ans de règne. On l’attend. Ahmed Ouyahia, secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND), avait annoncé une grande rencontre élargie à un ensemble de partis politiques pour appeler le chef de l’Etat à se porter candidat en 2019. On l’attend. Entre-temps, intervient donc cette réunion au siège de l’ANR pour remplir un vide criant en activité. C’est pourquoi, il serait permis de croire qu’elle vient précéder le grand conclave de la majorité présidentielle où il sera question de bilan, d’appel commun et de motion collective de soutien à Bouteflika.

Mais, ce qui explique plutôt ce vide est l’affaiblissement de l’initiative de Makri, qui n’a pu poursuivre son chemin après une multitude de rejets francs et diplomatiques, d’un côté, et, a contrario, la réussite des partis du pouvoir à contrer la montée en flèche du chef islamiste en jetant de l’ombre sur sa démarche. Au fait, tel un bulldozer, le FLN et le RND ont pu, en un laps de temps, renvoyer aux oubliettes Makri et son projet. Leur offensive pour un cinquième mandat avec une multitude de rencontres dont celle du palais du gouvernement, a tué dans l’œuf l’initiative de consensus national du parti islamiste. Peut-on conclure alors, qu’après avoir atteint leur objectif, Ould Abbès et Ouyahia ont repris, chacun, leur activité au sein de leurs partis et au niveau de l’Exécutif pour Ouyahia ? La façon avec laquelle ces deux responsables ont soudainement mis fin à leur plan de contre-attaque, juste après qu’Abderrezak Makri se soit retranché au siège du MSP, en se limitant à poster quelques commentaires sur sa page Facebook, accrédite cette thèse.

Reste à savoir enfin si l’activité qui se déroulera ce matin chez le parti de Belkacem Sahli, relancerait la dynamique de la scène politique d’il y a quelques jours ?