Le Centre culturel algérien (CCA) à Paris abritera, vendredi soir, une conférence exceptionnelle autour de la thématique « La nouba entre tradition et innovation », afin de rappeler que l’apprentissage de la musique andalouse se fait par la tradition orale et que dans l’oralité, la mémoire joue un rôle important, a-t-on appris par un communiqué de presse publié sur leur page officielle.
Cette rencontre s’organisera dans le cadre des activités culturelles du CCA, en France. Deux grands musiciens apporteront leur savoir et leur expérience sur la question qui devient souvent défaillante. Il s’agit, en outre, de Cheikh Salah Boukli-Hacene, musicien, enseignant de musique, ancien directeur de la de la Maison de la culture à Tlemcen, et Cheikh Yahia Ghoul, musicien de l’Ecole de musique arabo-andalouse de Tlemcen et fondateur de l’association « Nassim El Andalous d’Oran ». Cette dernière sera modérée par Abdelkrim Bensid, président de l’Ensemble andalou de Paris. Selon le communiqué du CCA,
« le thème de la conférence permet d’évoquer l’évolution de la nouba en mettant l’accent sur les points qui restent attachés à la tradition et d’autres qui ont évolué au fil du temps ». Il s’agit, également, selon la même source, «d’aborder la question des innovations qu’a connues le chant dans la nouba, dans l’orchestration avec l’introduction de nouveaux instruments de musique et dans l’esthétique musicale». Mais, la problématique qui est posée «est-ce qu’il est possible d’innover dans le domaine du patrimoine, ou préserver l’héritage avant de procéder à son enrichissement ou à son actualisation, d’autant que nous savons, que sur les douze noubas du patrimoine une grande partie est incomplète ? » Les organisateurs soulignent également que cette initiative abordera les axes les plus importants de cette tradition, à savoir « la multiplication des instruments de musique et leur diversification, l’amplification de cette musique par l’utilisation de la sonorisation ou encore des questions qui trouveront des éléments de réponse au cours de cette conférence», affirme le même communiqué. Il s’agit de restructuration de base où s’opère le phénomène d’innovation et cela, à travers, l’exposition de deux interventions qui illustre l’orientation actuelle, de l’esprit d’innovation qui puise sa source dans une culture musicale de tradition orale.
Pour rappel, depuis plus d’une décennie, l’innovation dans le domaine de la musique andalouse est au centre de nombreux débats notamment entre les puristes de la transmission orale et les « modernistes » qui préconisent la transcription de la musique andalouse de manière académique pour l’enseigner.
Mais, dans les faits, cette controverse s’est également enflammée par le fait qu’il y a de plus en plus de spécialistes de la musique dite andalouse qui font des « retouches », des « restaurations » et aussi des « innovations » notamment avec l’écriture de nouveaux textes de nouba. Aujourd’hui, le débat est toujours d’actualité, même si les
« modernistes » de la musique andalouse gagnent de plus en plus de terrain, notamment chez la jeune génération d’interprètes de ce patrimoine musical algérien.