Une rencontre sur le thème «Science et rationalité en pays d’Islam» a été animée, avant-hier au niveau de la salle de conférence du pavillon G, par le mathématicien, historien des sciences et professeur émérite à l’université de Lille en France, Ahmed Djebbar.

Sur la problématique du rapport entre la science, la rationalité et l’Islam, Ahmed Djebbar, membre de l’Académie algérienne des sciences et technologies, a expliqué dans son intervention que «les sciences écrites étaient les plus élaborées, elles servent, en outre, à résoudre les problèmes que nous rencontrons dans notre vie quotidienne». Il précise également que «la rationalité, c’est tout ce qui nécessite une démarche qui n’est pas liée strictement à la mémoire et à la transmission d’un savoir ou encore d’un savoir-faire. Si la pensée n’intervient pas, cela n’amoindrit pas la valeur du savoir qui va être produit». Dès lors, la rationalité est décrite par l’intervenant comme «un élément phare qui permet d’arriver à un résultat indépendamment de l’observation et de l’expérimentation». «Cependant, il faut un effort raisonnable qui respecte des règles distinctes. Ce que les Arabo-musulmans n’avaient pas au XVII et XVIIIe siècle», a-t-il indiqué. D’autre part, Ahmed Djebbar s’est penché dans son intervention sur le parcours de quelques penseurs et philosophes dont, entre autres, un traducteur européen Adélard de Barth, qui a mentionné dans ses écrits que « son apprentissage a été possible grâce à ses maîtres arabes, qui lui ont transmis l’importance de prendre la raison pour guide», a-t-il confié. Le conférencier a rappelé qu’au XIIe siècle, l’Europe était dans « une situation idéologique, culturelle et scientifique qui autorisait beaucoup de personnes à considérer que la raison était secondaire ». L’intervenant s’est aussi penché sur les raisons qui ont poussé les musulmans à décider, à un moment donné, qu’il n’y avait pas seulement une seule science ou un seul champ du savoir, mais qu’il y a des sciences rationnelles et des sciences de transmission, en affirmant que cela est le fruit de «l’avènement d’une religion monothéiste qui s’appelle l’Islam et qui va marquer d’une empreinte plus ou moins visible toute démarche de réflexion ou de production intellectuelle»