Avec 10,6 millions d’automobiles et utilitaires légers vendus en 2017, l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi a atteint pour la première fois la première place mondiale du secteur. Cet empire automobile, sous le feu des projecteurs avec l’arrestation lundi de son P-DG Carlos Ghosn pour malversations présumées, a écoulé au premier semestre 2018 5,54 millions de véhicules hors poids lourds, un record.

L’année dernière, Nissan a vendu 5,81 millions d’automobiles et utilitaires légers, Renault 3,76 millions et Mitsubishi 1,03 million. L’alliance a devancé de justesse ses concurrents: Volkswagen (10,54 millions hors camions), Toyota (10,47 millions) et General Motors (9,6 millions). Si elle partage de nombreux composants techniques entre ses différentes marques, l’Alliance se distingue pourtant des groupes intégrés, car ses trois membres, liés par des participations croisées, conservent leur indépendance. Renault possède ainsi 43% de Nissan, et le Japonais détient 15% du groupe au losange, ainsi que 34% de Mitsubishi Motors. Renault-Nissan-Mitsubishi, qui revendique un véhicule vendu sur neuf (09) dans le monde, vise 14 millions d’unités par an en 2022. En 2017, l’alliance franco-japonaise a réalisé 5,7 milliards d’euros de synergies (économies d’échelle), montant déjà supérieur à l’objectif fixé pour 2018. Les constructeurs automobiles du conglomérat partagent depuis 2014 les fonctions ingénierie, fabrication et logistique, achats et ressources humaines. Créée en 1999 entre Renault et Nissan, l’alliance s’est peu à peu étendue avec les prises de participation des constructeurs et des accords. En 2010, l’Alliance Renault-Nissan et Daimler AG (Mercedes, Smart…) ont ainsi annoncé la signature d’un accord de collaboration. En 2012, l’Alliance Renault-Nissan a acquis une participation majoritaire dans le premier constructeur russe, Alliance Rostec Auto BV, actionnaire à 64,6 % d’Avtovaz (marque Lada). En 2016, le Groupe Renault a participé à une opération de recapitalisation d’Avtovaz et consolide désormais les ventes de Lada dans ses comptes. L’alliance inclut aussi le Coréen Samsung Motors, contrôlé par l’entreprise au losange. La galaxie Renault-Nissan compte en outre les marques «low cost» Dacia, Datsun et Venucia, et haut de gamme Infiniti et Alpine. En 2016, Mitsubishi Motors a rejoint l’alliance après sa prise de contrôle par Nissan, à la suite d’accusations de fraude visant le constructeur
au logo en diamants. Ses membres gèrent 122 implantations industrielles sur les cinq continents, des usines de Nissan aux États-Unis aux co-entreprises chinoises en passant par l’Afrique du Nord et l’Inde. Mitsubishi a contribué au développement de Renault et Nissan en Asie du Sud-Est grâce à ses usines et son réseau. Ces synergies passent en outre par une «production croisée» d’une marque dans une usine de l’autre. Deux usines françaises de Renault, Sandouville (Seine-Maritime) et Flins (Yvelines), produisent respectivement des utilitaires et la petite berline Micra de Nissan, contribuant à amortir leurs coûts fixes.