Opération licenciement massif chez Renault Algérie Production (RAP). Après plusieurs mois sans activité, et sans visibilité pour le futur proche, l’usine de Oued Tlelat (Oran) s’apprête à se séparer d’une partie des employés dont le contrat est à durée indéterminée (CDI) à partir du 1er septembre, a fait savoir la direction de l’entreprise.

Ainsi, dès le mois prochain, le site oranais passera à «une équipe», indique la même source, soulignant qu’une communication a été faite le 23 juillet, en prévision de cette action justifiée par «l’absence de visibilité de reprise». Cependant, la direction de RAP laisse aux salariés concernés le choix entre un départ volontaire ou un licenciement économique.
En effet, «suite à la communication faite le 23 juillet 2020 pour débuter les formalités concernant le passage à une équipe, et suite à la non-visibilité sur la reprise de l’activité, l’entreprise donne à ses employés CDI la possibilité de choisir entre un départ volontaire ou une procédure de licenciement économique», lit-on dans le texte destiné aux salariés. Ces derniers ont une durée de dix jours, du 12 au 22 août, pour faire connaître leur option.
Ainsi, ceux qui choisissent le départ volontaire bénéficieront d’une indemnisation de 1,5 mois de salaire brut par année d’ancienneté. Quant aux travailleurs qui optent pour le licenciement économique, ils auront droit à 3 mois de salaires payés par l’entreprise, est-il expliqué par RAP, précisant que 50% du salaire en indemnité de chômage seront payés par la CNAC pour les CDI de plus de 3 ans (sous réserve des autres conditions d’acceptation de dossier par la CNAC).
La même note précise que «si l’activité reprend avant le 1er septembre 2020, cette opération pourrait être interrompue».
Avant de passer à cette nouvelle étape de son plan social, RAP avait déjà mis en place des mesures afin de faire face à l’arrêt des activités de son usine qui dure depuis la fin de l’année dernière. Citons, à ce propos, le chômage technique auquel ont été soumis ses travailleurs à partir de mars, avec des salaires de base perçus à 70% à partir de juin. Quant aux travailleurs à CDD (contrat à durée déterminée), il a été carrément mis fin à leur contrat depuis plusieurs semaines, avons-nous appris. Entre-temps, les responsables du site oranais de Renault attendaient le déblocage des kits d’assemblage importés, mais se trouvant en souffrance au port. Ceux-ci sont estimés à quelque 6 000 unités, nous dira un responsable chez Renault Algérie, filiale commerciale de RAP.
Un déblocage qui ne viendra pas, rendant de plus en plus difficiles les manœuvres au niveau de la première usine automobile en Algérie entrée en production en novembre 2014, après la création de Renault Algérie Production dans la cadre d’un partenariat entre le Groupe Renault, la SNVI et le Fonds national d’investissement (FNI).
Avant la mise en place du plan social, l’usine de Oued Tlelat employait plus de 1 100 collaborateurs formés aux métiers de l’industrie automobile, et avait permis la création de plus de 700 emplois indirects, selon les chiffres de l’entreprise.
En 2019, la chaîne de RAP a assemblé 18 836 Renault Symbol, 23 026 unités Dacia Sandero et 18 150 Renault Clio 4. <