A défaut du remaniement annoncé par «radio trottoir», le gouvernement aura ainsi subi un changement mini-partiel. La victime (la première ?) a été donc le ministre des Transports qui a eu à subir la foudre présidentielle avec son limogeage annoncé hier dans un communiqué. Une décision justifiée par une «une opération d’importation» par Air Algérie «de fournitures liées à l’activité de catering, et ce, sans tenir compte du contexte économique national et des orientations financières visant la gestion rationnelle des devises et la priorité à accorder à la production nationale».
Le désormais ex-ministre paye finalement pour tous les soubresauts suscités, et subis, par la compagnie nationale, depuis la fermeture des frontières, le 17 mars 2020, et surtout depuis la fin du mois de décembre dernier. Au-delà de cette affaire de Catering aux contours flous (aucun détail n’a été donné), d’autres raisons ont dû être prises en considération pour cette décision du Président. Limoger d’un coup un ministre et le PDG d’Air Algérie c’est, au moins, des signes d’insatisfaction d’El Mouradia du travail effectué dans le transport aérien. Et c’est là qu’entre l’actualité «brûlante». En premier lieu, il y a le rapatriement des Algériens qui suscitent beaucoup de palabres et de critiques. La manière avec laquelle a été gérée cette question, ces dernières semaines, était loin d’être «logique». Le 23 décembre dernier, l’opération de rapatrier 25 000 personnes a été officiellement lancée. Mais voilà que, jeudi dernier, soit le 7 janvier, il a été décidé de réduire fortement le programme des vols. A partir d’aujourd’hui, dimanche, un seul vol quotidien sera maintenu jusqu’au 31 janvier. Ce qui ne pouvait que déclencher la grogne des personnes bloquées à l’étranger. Un couac qui donne déjà une piètre image de l’organisation au niveau d’Air Algérie, et ainsi du secteur des transports. Cette décision de rétrécir le programme de rapatriement est survenue trois jours après une autre déconfiture de la compagnie aérienne nationale. Cette fois, elle touche à l’image même d’Air Algérie. Ainsi, lundi dernier le site spécialisé «Airline Ratings» a dévoilé son classement et l’entreprise algérienne s’est retrouvée parmi les sept compagnies les moins sûres du monde !
Un cumul de points négatifs qui peuvent expliquer les décisions de limogeages. C’est au moins un avertissement pour les autres ministres du gouvernement Djerad. C’est peut-être également, un «signe» annonciateur d’un prochain remaniement ministériel ou carrément un changement de gouvernement.