L’ampleur d’accidents graves, voire mortels, ne cessent d’inquiéter dans la mesure où elle paraît à bien des égards «hors normes» et traduit au sein des entreprises un certain relâchement répréhensible.

Le premier accident mortel, au début de la semaine, a été annoncé dans la commune de Bendaoued tandis que deux autres se sont produits dans la nouvelle ville Yellel. Il est à noter que ces trois chutes  arrivent après une série d’autres accidents mortels sur les chantiers de construction d’immeubles. Pour rappel, deux jeunes sont tombés, il y a deux mois, d’un échafaudage du 5e étage, alors qu’ils peignaient une façade d’immeuble. L’on s’est aperçu que les deux jeunes ouvriers n’étaient pas  sanglés afin de prévenir une défaillance dans le système d’élévation de la plateforme accrochée par deux cordages. Dans d’autres cas, c’est le matériel qui est en cause, soit par manque d’entretien, soit parce qu’il n’est pas adapté à la tâche requise (des planches sur deux tonneaux). En général, la responsabilité de l’entreprise est pleinement engagée pour tout ce qui advient sur les chantiers qu’elle contrôle. « A 20 mètres du sol, nous dira un contrôleur du travail, toute négligence dans l’organisation du travail ne pardonne jamais ». Or la multiplication des chantiers à travers le territoire de la wilaya ne permet pas un contrôle pouvant prévenir toutes sortes d’accidents, parfois mortels. Bien que de nombreux cas soient signalés par la Protection civile, ce sont surtout les accidents de travail et leur multiplication qui connaissent actuellement un accroissement inquiétant. Il arrive assez souvent que les travailleurs ne sont pas tous assurés et la question qui se pose avant toute chose reste les conséquences socio-économiques pour de jeunes travailleurs dès lors qu’ils sont engagés en toute hâte et pour seulement quelques temps.
Malheureusement, les autorités s’aperçoivent de leur présence que lorsqu’ils sont victimes d’une chute ou de toute autre agression au sein du chantier. Dans la wilaya, le développement s’accélère et avec lui la multiplication d’entreprises  dont certaines ne respectent pas le cadre du travail. Le seul indicateur de ces dysfonctionnements reste le nombre d’accidents mortels signalé comme ce fut le cas, la semaine  dernière, qui compte deux cas en moins d’une semaine. Ce qui laisse planer le doute sur la maturité des entreprises qui signent des marchés fabuleux avec l’Etat mais négligent d’y adapter leur  organisation en la matière avec notamment la législation du travail en vigueur.