Le roi du Maroc a appelé mardi l’Algérie à un dialogue « direct et franc » en proposant la création d’un « mécanisme politique conjoint de dialogue et de concertation » pour « dépasser les différends » entre les deux voisins.

Dans un discours télévisé, Mohammed VI a longuement évoqué les relations entre Rabat et Alger qui « échappent à la normalité, créant, de fait, une situation inacceptable ». La frontière entre les deux pays est fermée depuis 1994, et la dernière rencontre entre les chefs d’Etat remonte à 2005. « Depuis mon accession au trône, j’ai appelé avec sincérité et bonne foi à l’ouverture des frontières (..), à la normalisation des relations maroco-algériennes », a insisté Mohammed VI, qui a succédé à son père Hassan II en 1999. Pour avancer, le monarque de 55 ans a proposé un nouveau « mécanisme politique conjoint de dialogue et de concertation » en précisant que « le niveau de représentation au sein de cette structure, son format, sa nature (étaient) à convenir d’un commun accord ». Ce mécanisme pourra constituer « le cadre pratique d’une coopération, centrée sur les différentes questions bilatérales », a-t-il insisté. « Le Maroc est ouvert à d’éventuelles propositions et initiatives émanant de l’Algérie » pour asseoir les relations entre les deux pays « sur de solides bases de confiance, de solidarité et de bon voisinage », a-t-il dit dans son allocution prononcée à l’occasion des 43 ans de la « Marche verte » et du 60e anniversaire de la conférence de Tanger – qui avait vu les mouvements de libération du Maroc, d’Algérie et de Tunisie se prononcer pour l’unité du Maghreb. Le 6 novembre 1975, 350.000 Marocains entreprenaient à l’appel de leur roi de marcher sur le Sahara occidental, à l’époque sous occupation espagnole, au nom de l’appartenance de ce territoire au Maroc. Après le départ des Espagnols, le Polisario, soutenu par l’Algérie, a proclamé en 1976 une République arabe sahraouie démocratique (RASD) et réclame un référendum d’autodétermination. Rabat, qui contrôle 80% de l’ancienne colonie, considère cette région comme partie intégrante de son territoire et propose comme solution de « compromis » une autonomie sous sa souveraineté. La question envenime les relations entre Rabat et Alger depuis plus de quarante ans. Bloquées depuis 2012, des discussions doivent débuter les 5 et 6 décembre à Genève sous l’égide des Nations-Unies et réunir le Maroc, le Front Polisario, l’Algérie et la Mauritanie. (AFP)