Après la forte remontée opérée en fin de semaine dernière, les cours du pétrole entamaient hier une nouvelle semaine dans la même tendance, poussés par les dernières données qui ont impacté positivement le marché, notamment la réduction massive de la production décidée par l’Opep+, la baisse des stocks américains et la reprise de la demande augurée par le dé-confinement aux Etats-Unis et en Europe. A ces signes porteurs d’optimisme s’ajoute la bonne note de l’industrie chinoise pour le mois d’avril.
Toutes ces bonnes nouvelles ont permis à l’or noir de se dégager du puits où il a été acculé par la crise sanitaire de coronavirus. Et l’ouverture des marchés hier lundi est venue confirmer le retour à la hausse, dans une atmosphère qui rompt explicitement avec cette série de «lundis noirs» qui ont illustré le deuil du marché pétrolier durant le mois d’avril, avec un baril de Brent à moins de 20 dollars et un WTI en dessous de 0 dollar.
Vers 15h, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet s’affichait à 34,69 dollars à Londres, en hausse de 6,74%, en hausse de 6,74%, peu après avoir frôlé les 35 dollars.
A New York, le baril de WTI pour juin progressait fortement gagnant 10,30% et s’établissant à 32,46 dollars. Il avait franchi dès le début de séance le seuil symbolique des 30 dollars, une première depuis le 17 mars.
La semaine dernière, la référence européenne avait totalisé des gains de 5%, alors que l’américaine avait carrément décollé, comptabilisant jusqu’à 19% de progression et réduisant, à l’occasion, l’écart considérable qui le séparait du Brent.
En plus de réduire le déséquilibre entre l’offre et la demande, les coupes et la réouverture progressive de plusieurs pays dans le monde ont permis d’alléger le risque qui pèse sur le stockage du brut, qui avait déclenché un effet de panique le mois dernier. C’est ce que constatent des analystes, avant de citer également l’effet de l’annonce par un laboratoire américain de résultats préliminaires encourageants d’essais cliniques sur un vaccin contre le nouveau coronavirus. Cette annonce est un facteur de soutien aux cours de l’or noir, disent-ils.
D’autres analystes mettent en avant surtout la réduction massive opérée depuis le 1er mai par l’Organisation des pays exportateurs et ses partenaires, dans le cadre de l’accord Opep+. Ces coupes portent sur 9,7 millions de barils par jour pour les deux premiers mois de l’accord durera jusqu’à avril 2022.
Mais l’Arabie saoudite, le Koweït et les Emirats arabes unis ont annoncé la semaine dernière qu’ils s’apprêtaient à diminuer encore davantage leur production de brut, dans un contexte d’offre toujours excédentaire et de stockage proche de ses limites.
Le niveau de la demande «se rétablit partiellement, les gens utilisant de nouveau leurs voitures, mais d’autres secteurs comme l’aérien connaissent une reprise plus lente», relève-t-on encore chez les analystes. Ces derniers préfèrent tempérer et dire que malgré «toute cette euphorie, nous pensons cependant qu’il faut rester prudent».<