Les cahiers des charges relatifs à la relance et au développement du secteur de l’Industrie ont été présentés lors du Conseil des ministres tenu dimanche. Les nouveaux textes exposés lors cette réunion ont trait au montage de produits électroménagers, au montage de véhicules, à l’importation de véhicules neufs et à l’acquisition de chaînes et d’équipements rénovées. Quant au cahier des charges relatif à la sous-traitance, il a été inscrit au prochain Conseil.
Ce nouveau texte est d’une grande importance, puisqu’il viendra servir de base à une industrie automobile appelée à se frayer un chemin sous escorte d’une intégration locale fixée à 30% dès l’entame d’un projet, alors qu’elle devra atteindre les 50% après 5 années d’activité. Un pari que se lancent les pouvoirs publics en encourageant les équipementiers à venir en Algérie produire de la pièce de rechange. Ces derniers pourront, à l’occasion, récupérer à leur compte le régime préférentiel et ses avantages fiscaux et financiers accordés ces dernières années aux usines d’assemblage dans l’importation des kits SKD-CKD. Celles-ci se trouvent à l’arrêt depuis plusieurs mois et, dans le cas, où elles reprennent leurs activités, elles le feront sans compter dorénavant sur ce régime, est-il signifié dans le cahier des charges portant sur la relance de l’industrie mécanique. Les mêmes mesures juridiques et organisationnelles sont contenues dans le cahier des charges portant montage de produits électroménagers, avec, toutefois, un taux d’intégration de 70% exigé pour les opérateurs concernés dès la première année d’activité.
Concernant l’importation de véhicules neufs, le processus doit se faire au niveau national, il sera le fait d’opérateurs nationaux et doit inclure un réseau national efficient et professionnel de service après-vente. C’est ce qu’a rappelé en substance Abdelamdjid Tebboune.
Quant à la liste des concessionnaires agréés, elle ne sera connue qu’au cours du dernier trimestre 2020, avait déjà souligné le ministre de l’Industrie, Ferhat Aït Ali Braham, soulignant que les premiers véhicules neufs importés ne peuvent théoriquement être mis sur le marché que vers la fin de l’année. Or, aujourd’hui, tous les signes indiquent que dans le plus proche des délais, la commercialisation des véhicules neufs en Algérie reprendra l’année prochaine. Ce qui signifie que l’année blanche est en train de se confirmer pour le secteur automobile dans notre pays, importation de voiture finies et production confondues.
S’agissant des acquisitions d’usines usagées, le Président de la République a insisté sur la nécessité de veiller à s’entourer d’un certain nombre de garanties. Dans cette logique, il a précisé que l’outil de production acheté doit être viable, acquis produit en main, et n’ayant pas servi plus de 5 ans au jour de son acquisition, qu’il doit être capable de contribuer à la production de valeur ajoutée et à concourir à la création d’emplois, et que toute opération dans ce cadre doit se faire après une étude approfondie a priori et qui soit réalisée avec des bureaux d’études et de compagnies d’assurances connues, sans perdre de vue le besoin d’expertise de pays tiers.
L’outil de production importé incessible pendant une durée qui soit au minimum de cinq années, a ajouté M. Tebboune. Autrement dit, l’acquisition d’usines usagées ne devra plus servir des opérations de revente intra-muros douteuses comme cela s’est produit régulièrement, et sans contrôle aucun, par le passé.
Après avoir ordonné l’adoption des décrets concernant les nouveaux textes exposés par le ministre de l’Industrie, Abdelamadjid Tebboune n’a pas manqué d’insister sur la «stabilité» qu’il faudra assurer au dispositif légal à mettre en place, mais aussi sur sa durabilité estimée à au moins 10 années, fait savoir le communiqué de la présidence de la République. Référence faite aux cahiers des charges et autres textes du genre qui se sont succédé depuis plusieurs années dans différents secteurs sans jamais être pleinement appliqués pour manque de résistance aux aléas de telle ou telle conjoncture. Et lorsque ce type de texte a été appliqué, c’est parce que qu’il a été pensé pour des intérêts ciblés, comme sont en train de le dévoiler les procès en série intentés aux hommes d’affaires et les hauts responsables d’Etat ayant sévi lors du règne du président déchu. C’est pourquoi, «tout texte règlementaire doit être étudié sérieusement en veillant à ce que ses dispositions ne soient pas liées à des considérations de conjoncture ou à des intérêts particuliers», a insisté le président de la République. <