S’exprimant hier au sujet des perspectives économiques, au moment où le pays, et le monde, espèrent sortir de la «crise de la Covid», Abdelouahab Ziani, président de la Confédération des industriels et producteurs algériens (Cipa), invité sur les ondes de la Radio nationale, a notamment souligné que les entreprises algériennes avaient «besoin d’une relance». Le responsable et acteur du paysage économique appelle en ce sens au rééchelonnement des dettes de certaines entreprises, mais surtout à une plus large facilitation de l’action d’investir : «Il va falloir s’attaquer encore plus fort à la bureaucratie», décrivant cette dernière comme le principal «ennemi de l’économie».
Présentant plusieurs pistes de travail que la Confédération des industriels et producteurs algériens estime appropriées, Abdelouahab Ziani déclare notamment à propos de la bureaucratie et de la «perte» de temps qu’elle peut engendrer : «Je pense que la digitalisation va ouvrir une porte pour notre jeunesse, c’est eux qui sont actifs dans ce domaine (…) Ils devront prendre en charge cette digitalisation pour abolir la bureaucratie et aller de l’avant.» Le responsable qui estime visiblement que la digitalisation n’est pas uniquement un outil, «la digitalisation est de mettre en transparence tout ce qui existe, tout ce qui est produit ou émane des institutions». Il a dans cette logique insisté sur la nécessité d’être plus économe en temps lors de la préparation du dossier économique mais aussi lors de l’exécution : «N’importe quelle entreprise qui a besoin d’une autorisation, d’un produit ou de trouver une loi ou un décret puisse le faire dans la digitalisation sans avoir à se déplacer (…) Il s’agit d’unifier les institutions pour aller très vite.» Quant au travail de terrain, le président de la Cipa a plaidé, hier, pour la mise en place d’une «date limite de réponse (…), nous devons aller très vite dans toutes les régions», mettant notamment en avant l’existence de «lois» qui bloquent la rapidité dans des domaines, tels que la construction.
Responsable se voulant toutefois optimiste pour l’avenir, notamment en ce qui concerne l’investissement, Abdelouahab Ziani ajoute : «La loi sur l’investissement est claire, nous allons avoir une stabilité de 10 ans, les opérateurs n’auront plus à se méfier au vu de la garantie du Président de la République qui a montré toute sa volonté d’accompagner toutes les entreprises qui vont dans des directions faisant gagner l’Algérie». Même chose en ce qui concerne la main-d’œuvre qualifiée, notamment celle établie à l’étranger : «Je pense que nos enfants doivent revenir, nous avons beaucoup d’étudiants émigrés (…) Il faudra les laisser gagner de l’argent dans leur pays en exploitant les gigantesques chantiers laissés à l’abandon.» Quant à la possibilité de rééchelonnement des dettes d’entreprises accumulées durant la crise, le président de la Cipa souligne : «Je salue les banques algériennes qui nous ont accompagné durant la Covid, mais il va falloir encore des efforts.» Considérant en substance que le soutien aux entreprises reste un investissement gagnant. Et plus concrètement, il est précisé que la Coordination nationale du patronat (CNP) devrait se réunir dans les prochains jours. «Nous proposerons une plateforme de discussion entre les entreprises et les institutions financières», annonce en ce sens Abdelouahab Ziani. Le responsable soulignant par ailleurs que la situation financière des entreprises est encore aggravée à l’heure actuelle par une charge fiscale qu’il estime trop importante : «Il va falloir préserver nos entreprises par une fiscalité allégée (…) On ne peut pas imposer de manière excessive quand les entreprises sont en phase de relance.»