La croissance économique l’année en cours devrait être tirée principalement par l’industrie et l’agriculture. A cet égard, des projets industriels d’importance stratégique contribuant à la réduction de la facture importation et à une plus grande intégration industrielle seront soit mis en service, soit verront le lancement des travaux, participant ainsi à la relance de l’économie nationale en 2023.

Par Khaled Remouche
Selon les prévisions du ministère des Finances, la croissance économique en 2023 devrait être en hausse : 4,7 % contre 3,7% à fin 2022. Dans le détail, 5,6% de la croissance hors hydrocarbures sera tirée par l’industrie (8,5%), l’agriculture (6,9%) et le BTP (5,6%). A cet égard, l’année 2023 devrait être celle du décollage du secteur de l’industrie à travers le lancement des travaux de projets importants, la mise en service d’usines ou de complexes industriels stratégiques ou encore par la montée en cadence d’usines ou de complexes industriels. A cela s’ajoute la mise en exploitation d’usines achevées et dont les difficultés administratives sont levées et l’entrée en exploitation d’usines d’entreprises publiques qui étaient à l’arrêt en 2022. Le ministère de l’Industrie a recensé 915 projets d’investissement achevés, mais non exploités pouvant permettre la création de 55.000 emplois. Une partie pourrait être mise en service en 2023. Dans le secteur sidérurgique, le leader du marché national Tosyali Algérie a indiqué à Reporters qu’elle procèdera aux travaux de génie civil et à l’installation des équipements au cours de l’année 2023, concernant la première phase de construction du complexe de production d’acier plat à Oran, à savoir la partie laminage à chaud, et ce, en vue de mettre en service les installations industrielles de production de laminés à chaud le premier trimestre 2024. Des produits destinés dès l’an prochain aux usines locales de charpente métallique ou panneaux sandwiches, ainsi qu’à la construction navale.
Dans le secteur du montage automobile, l’année 2023 verra la reprise de la production de l’usine Renaut de Oued Tlelat et la mise en service fin 2023 de l’usine Fiat à Tafraoui, ainsi que la signature d’accords avec d’autres constructeurs tels que Toyota et Volkswagen qui semblent intéressés par le montage de leurs véhicules en Algérie suivant le nouveau cahier des charges du ministère de l’Industrie qui impose un taux d’intégration fort modeste autour de 10% au terme de la deuxième année d’activité à partir de la date d’agrément. Dans le secteur du médicament, la production locale d’insuline pour les diabétiques et d’anti-cancéreux est soit dans les starting-blocks, soit en voie de lancement des travaux. Tel est le cas de l’usine de Biocare de Sidi Abdallah qui commencera à produire de l’insuline en stylos à partir de ce mois de janvier et qui permettra de réduire la facture d’importation d’insuline de 120 millions de dollars, ainsi que le lancement des travaux de l’usine d’anti-cancéreux d’El Kendi du jordanien MS Pharma. Dans le secteur agroalimentaire, la fin de l’année 2023 verra la mise en service de l’unité de trituration de graines oléagineuses de Kotama dans le port de Djen Djent, selon le ministre de l’Industrie Ahmed Zeghdar.
D’une capacité de production de 2,6 millions de tonnes/an, dont 20% d’huile de table à partir de tourteaux de soja et 80% d’aliments de bétail, cette unité permettra selon le groupe public Madar qui détient l’usine de couvrir 40% des besoins nationaux en huiles végétales et 60% en aliments du bétail. La stratégie du gouvernement est de fournir les tourteaux de soja, de colza, de tournesol outre l’usine Kotama aux usines de trituration, celles de Cevital à Bejaia et Sim à Oran à partir de la production locale et de réduire la facture importation «qui se chiffrait en 2019 à près d’1 milliard de dollars : huiles brutes, tourteaux de soja et aliments du bétail». Le ministère de l’Agriculture prévoit la culture de 200 000 hectares dans le sud du pays destinés aux spéculations principalement de soja, colza, mais aussi de tournesol et de luzerne à l’horizon 2024 permettant de couvrir les besoins en matières premières pour l’industrie locale à hauteur de 47% pour la production d’huiles alimentaires et 63% des besoins en tourteaux pour l’alimentation animale.
Dans le secteur de la pétrochimie, qui correspond à une industrie de transformation de matières premières et qui contribue à l’intégration de l’industrie nationale, il est prévu la signature en mars 2023 du contrat de réalisation de l’usine de production LAB de Skikda, destinée à la production de détergents qui est importée actuellement. La signature du contrat EPC portant notamment sur la réalisation du complexe de production de polypropylène d’une capacité de 550.000 tonnes/an en partenariat entre Sonatrach et Total pourrait également intervenir l’année en cours après avoir enregistré du retard. n