Par Nadir Kadi
Le vice-président du Conseil économique et social (Cnes), Mustapha Mekidèche, a estimé hier que la relance économique devra passer par une captation massive des investissements et notamment ceux des opérateurs étrangers. Le responsable, invité de la Radio nationale, déclare en ce sens que toutes les conditions sont aujourd’hui réunies et «la volonté politique a été affichée (…) Il reste à amorcer un flux d’investissements étrangers directs, mais aussi une mobilisation de l’épargne nationale et le travail des investisseurs algériens». En ce sens, l’indicateur de la réussite de la politique économique serait une «hausse massive» du PIB par habitant ; Mustapha Mekidèche table ici sur un doublement de l’indicateur à l’issue de la décennie.
Responsable du Cnes, qui précise en substance que le pays retrouve aujourd’hui une certaine rationalité dans la gestion des dossiers économiques, après être «passés durant de long mois, pour ne pas dire plusieurs années, par une situation de non-gouvernance économique (…) Par exemple, pour l’industrie automobile où nous n’avions pas choisi un modèle industrialisant mais un système de transfert de rente, voire même d’importation délictueuse».
Mustapha Mekidèche estime en ce sens que plusieurs décisions, résultats et nouvelles démarches politiques ont montré, ces derniers mois, la volonté du pouvoir politique à construire un cadre favorable aux investissements ; notamment avec «consolidation du cadre macro-économique en 2021, le FMI avait d’ailleurs donné un taux de croissance de 4,1%, ce qui est bon, mais pas encore suffisant pour sortir de la nasse d’une croissance molle (…) Actuellement, nous avons aussi un solde positif des transactions courantes, c’est une première depuis plusieurs années (…) Quant à la balance commerciale, elle a été excédentaire en 2021».
Quant au contexte international, la conjoncture serait également favorable et donnerait raison aux orientations politiques et économiques prônées par l’Algérie, que l’orientation prise par les pays «libéraux économiquement» rejoindrait aujourd’hui, précise Mustapha Mekidèche, les fondements adoptés par l’Algérie : «Il y a aujourd’hui un retour à la souveraineté et au nationalisme économique, y compris dans les pays les plus libéraux (…) C’est un élément géopolitique nouveau. L’Algérie s’était déjà inscrite dans cette dynamique, il s’agit même des fondements de sa politique étrangère.
Dans cette logique, le responsable du Cnes a appelé à la multiplication des investissements. «Les investissements feront la croissance de demain», saluant au passage la «libération» d’un «nombre important de projets bloqués par la bureaucratie, alors qu’ils étaient déjà à une certaine étape de maturation». Ou encore le «premier signal positif» que fut la suppression du 49/51… Une «démarche qui sera complétée par le nouveau texte portant sur les investissements», espère également le responsable. Et à ce titre, M. Mekidèche estime que le projet de loi «apporte des éléments nouveaux pour la sécurisation de l’acte d’investir» mais aussi pour assurer «l’équité de traitement des opérateurs, tout en donnant une administration diligente aux investisseurs».
Appelant ainsi les investisseurs à lancer dès maintenant de nouveaux projets, mais aussi à réactiver les dossiers laissés en attente : «Maintenant, nous avons la possibilité de reprendre des projets. Sonatrach a donné l’exemple en reprenant ses investissements dans l’amont pétrolier ou encore dans la pétrochimie avec le projet de MTBE avec la Chine». Les résultats des politiques actuelles ne devrait cependant être palpables qu’au bout de plusieurs années de travail. M. Mekidèche estimant en substance que l’indicateur à suivre restera le PIB par habitant : «Il faudra travailler à augmenter de façon significative le PIB par habitant (…) Actuellement, nous sommes à 3 337 dollars de PIB par habitant mais, pour être considéré comme ‘pays émergent’, il faudra arriver aux alentours de 7 000 ou 8 000 dollars. Cela ne se fera qu’avec des investissements massifs et un taux de croissance de 7% ou 8% durant au moins une décennie». <