Nos entreprises ont un rôle capital dans la relance économique du pays. Mais elles ne peuvent  y arriver sans qu’au préalable des conditions soient remplies. C’est du moins l’approche des experts en finances Lachemi Siagh et Mahfoud Kaoubi. Ces derniers, qui animaient aujourd’hui une conférence-débat organisée par la  Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC), ex-FCE, autour du thème «Plan de relance économique : quel rôle pour les entreprises ? », se rejoignent à dire que la condition majeure  «sera de mettre en place au plus vite un nouveau mode de gouvernance et d’administration ». En clair, « il s’agira de mettre de l’ordre dans notre économie », a lancé Lachemi Siagh. Comme il a tenu à souligner que « dans le contexte actuel, nos entreprises sont condamnées à améliorer leurs performances si elles ne veulent pas disparaître ». Ajoutant dans ce sens : «Pour ce faire, un gros travail les attends pour peu que l’Etat leur assure un soutien qui dépasse celui décidé auparavant par le gouvernement en place. La contribution de l’Etat à venir en aide aux entreprises en difficultés en raison des mesures de confinement doit être efficace. » A propos des difficultés que rencontrent actuellement les entreprises, il dira sans verser dans la sinistrose : «Nos entreprises essayent de s’en sortir car elles ont compris que leur salut passe par leur ouverture à la compétition. C’est là tout l’enjeu. » Cependant, Siagh a avoué enfin que « compte du contexte de crise économique mondiale due à la pandémie de la Covid-19, je reste sceptique sur le court terme quant à l’avenir de très nombreuses de nos entreprises ».

De son côté, Mahfoud Kaoubi  se pose la question «  nos entreprises arriveront-elles à sortir de la grave situation qu’elles traversent ? » Cela ne lui semble guère évident du moins pour un grand nombre d’entre elles. Arguant dans ce sens qu’« elles manquent de compétitivités et de maîtrise dans leur gestion. Preuve en est, le dernier  rapport de l’Office national des statistiques (ONS) qui révèle un taux de régression dans la croissance dans le secteur économique public de 14% par rapport à l’année dernière. Il a également tenu à faire savoir que « dans le contexte actuel, nos entreprises se sont retrouvées fragilisées, c’est pourquoi elles attendent de l’Etat des aides plus importantes.  Pour ce dernier, le mode opératoire des aides accordées jusqu’ici a été marqué par l’opacité ».  Selon lui, «  devant le contexte actuel,  les chefs d’entreprise se trouvent dans une situation de myopie, comme ils déplorent que le dispositif d’aide de l’Etat n’est pas adapté à la crise qu’ils traversent ».  Non sans se plaindre de la lenteur de l’administration à traiter les dossiers de projets d’investissement. De cet état des lieux, il dira : «  L’Etat doit procéder à la modernisation  de son administration  et  chercher la stratégie la plus appropriée pour une véritable relance économique. »

 Lors des débats,  Lachemi Siagh a insisté à ce que les règles de compétitivité soient connues de tous,  « car tout ce qui a été entrepris jusqu’ici comme réformes dans notre économie a échoué », a-t-il déploré en fin d’intervention.