L’industrie du textile en Algérie a bénéficié, dans le cadre de la relance économique, d’un plan de développement. La société par actions Algerian Compagy of Industrial and Technical Textiles (EPE EATIT), créée en 2011, s’est inscrite dans cette stratégie.

Du coup, sept unités de production sont placées sous la tutelle de l’entreprise publique économique EATIT. Il s’agit des usines de Draâ Ben Khedda, Béjaïa, M’sila, Souk Ahras, Sebdou, Tlemcen et Batna. Dans moins de trois ans, ces unités de production devront tourner à une cadence plus accélérée par rapport à ce qu’elles réalisent actuellement, nous indique un responsable de l’EATIT, rencontré à la Foire de la production algérienne, qui se tient du 21 au 27 décembre au Palais des expositions de la Safex (Pins maritimes – Alger).
« La capacité actuelle des sept unités est de l’ordre de 30%, soit 6 millions de mètres linéaires de tissu, dont le tissu technique et synthétique à usage spécifique », fait savoir le même responsable, précisant que l’Algérie et l’Afrique du Sud sont les seuls pays en Afrique à produire ce genre de tissu. Une position qui ouvre des perspectives pour l’exportation dans les années à venir, affirme-t-il, en faisant remarquer qu’à l’heure actuelle, toute la production est absorbée par le marché local.
Dans l’absolu, les usines ont une capacité de production annuelle de 18 millions de mètres linéaires de tissu d’usage divers. Selon le même responsable, 85% du chiffre d’affaires de l’EPE est réalisé à 85% avec la Défense nationale, alors que les 15% restants sont le résultat de partenariats conclus avec d’autres entreprises issus d’horizons divers.
L’EATIT compte également développer et renforcer les compétences et la qualité de la main-d’œuvre qu’elle emploie. C’est pourquoi le groupe, qui compte jusqu’à l’année 2017 près de 2 400 salariés, a doté l’ensemble de ses unités de production d’un centre de formation. L’objectif est de passer à un palier supérieur en matière de recrutement, en améliorant la qualité de la formation.
En outre, d’autres sociétés nationales ont montré des dispositions à animer le secteur de la production locale du textile, notamment sur le segment de l’habillement de ville et professionnel. C’est le cas de l’Entreprise publique économique (EPE) C&H, un groupe associé C&H à hauteur de 51% avec le groupe turc Taipa, et qui compte actuellement 13 filiales, dont Alcost, Confecstyle, MAPAP (Maison de prêt-à-porter) et Jackets Club. La capacité de production cumulée de ce groupe s’élève à 25 millions d’articles annuellement. Les 13 filiales emploient environ 2 500 salariés, selon le chef du département des ventes du Groupe C&H, Farouk Kebbi, Avec une part du marché national d’un peu moins de 10% sur son segment d’activité, le groupe C&H a réalisé un chiffre d’affaires estimé à 5,5 milliards DA en 2015, 5,7 MDA en 2016. C&H devra clôturer l’exercice 2017 avec un C&A en légère amélioration par rapport à 2016, avant d’atteindre 6,1 milliards DA en 2018, selon les statistiques et les prévisions du groupe. Son directeur des ventes ambitionne à conquérir des parts de marché à l’échelle internationale.
Cet objectif, explique-t-il, est dans « les cordes de l’entreprise » qui a déjà remporté dans le passé des appels d’offre en Europe. C&H a déjà exporté vers le Portugal. Elle a équipé certains corps constitués de ce pays. Il a également fourni de la chemise à la police française. « Nous sommes leader sur le marché algérien dans notre gamme de produits. Nous devons faire valoir nos produits au plan international. Nous en avons les moyens mais aussi de l’ambition. Nous avons des produits de qualité qui font de la concurrence aux articles qui viennent de l’étranger», insiste le Directeur des ventes chez C&H, optimiste pour l’avenir de la filière.
« Nous croyons en l’avenir de la filiale du textile en Algérie. Nous misons sur l’excellence pour s’attaquer au marché international », conclut notre interlocuteur.