La relance économique et ses priorités continuent de faire l’objet de communications à divers niveaux d’écoute institutionnel. Dans ce sillage, c’est au tour de la Confédération algérienne du patronat (CAP) de révéler son approche à travers un document remis, jeudi dernier, à la Commission des affaires économiques, du développement, de l’industrie, du commerce et de la planification de l’Assemblée populaire nationale (APN) présidée par Nabil Louhibi. Le document porte sur une série de propositions, soixante plus précisément, et se veut une sorte de contribution à la relance de l’économie nationale. Cela étant, les représentants de la CAP, à savoir ceux des fédérations de la santé, de l’agroalimentaire, du BTPH, de l’énergie, des transports et du tourisme, ont à cette occasion fait part des problèmes rencontrés par les dirigeants des entreprises. A ce titre, le président de la Fédération de la santé, Mohammed Taffarte, a soulevé des «entraves» qui empêchent les opérateurs algériens de travailler avec leurs fournisseurs étrangers avec «la fluidité que ces derniers privilégient». Selon lui, ces entraves ont eu pour conséquences des «répercussions sur les approvisionnements en équipements vitaux, en ces temps de pandémie», occasionnant des «retards de livraison impliquant des pénalités». De son côté, le président de la Fédération de l’agroalimentaire, Khaled Belbel, a insisté sur la nécessité de soutenir la production nationale, affirmant que les industriels de l’agroalimentaire veulent produire localement et se lancer dans l’exportation. Ce dernier a fait état de l’intérêt manifesté par de nombreux partenaires étrangers disposés à investir dans des unités en Algérie. Quant au président de la Fédération de l’énergie et des hydrocarbures, Bahmed Smaïn, il a appelé à la consolidation du Partenariat public-privé (PPP), en favorisant le développement durable et en s’orientant vers l’exportation. Il a fait part de la mise en place d’un programme de la Fédération, axé sur les énergies renouvelables, accordant une importance à la méthanisation des déchets ménagers pour leur transformation en biogaz, qui servira à produire de l’électricité et dont les résidus serviront de compost pour l’agriculture, notamment dans le Sud du pays. Au sujet du secteur du BTPH, son représentant, le vice-président national de la CAP, El-Hamel Merniz, a affirmé que les entreprises algériennes ont réalisé le programme de 1 million de logements en Algérie, précisant que seules «80 000 unités ont été construites par des Chinois et des Turcs». Emettant le souhait de voir les entreprises algériennes impliquées davantage dans le programme de logements en cours, il a affirmé «qu’un logement AADL coûte 2,5 fois plus cher qu’un logement LSP ou LPL réalisé par les entreprises algériennes». On apprend également que le président de la Fédération nationale de ces secteurs, Nacereddine Harek, a, pour sa part, remis des propositions à la Commission des affaires économiques, du développement, de l’industrie, du commerce et de la planification de l’APN, insistant sur la prise en charge du transport terrestre, qui reste, selon lui, «le plus prisé».
Soulignons que suite à l’écoute des propositions des différentes fédérations de la CAP, le président de la commission parlementaire a appelé les membres de la Confédération à établir des plans de travail avec des projections sur 5 à 10 ans. Il a également rappelé que les chantiers prioritaires des autorités publiques visent à permettre aux grandes entreprises d’exporter en Afrique et dans d’autres pays. Nabil Louhibi a, en outre, mis l’accent sur la nécessité d’avoir à trouver des marchés ouverts, tous plaidant pour la mise en place de mécanismes pour aider les entreprises algériennes dans le domaine de l’exportation. En revenant sur le secteur du BTPH, il a estimé que ce dernier devrait connaître une nouvelle stratégie dans le cadre d’une nouvelle politique d’aménagement du territoire national.
Il importe de rappeler enfin que suite à la conférence nationale sur la relance économique du pays, qui s’est tenue en début d’année, un plan de relance a été élaboré sans pour autant avoir fait l’objet d’un document officiel mais seulement de communications en Conseil du gouvernement ou des ministres. n