La relance du secteur de l’industrie pharmaceutique a besoin d’un véritable d’urgence, ont recommandé les experts, qui ont pris part hier à un atelier dédié à la question lors de la Conférence nationale sur le plan de la relance économique et sociale, selon un communiqué du ministère de l’Industrie pharmaceutique.

La recommandation intervient, faut-il le souligner, dans un contexte marqué par une polémique autour de la tutelle sous laquelle sera mise l’Agence nationale de production pharmaceutique (ANPP). Des experts du secteur, des chercheurs universitaires et un représentant du secteur bancaire ont émis, lors de cette rencontre, des recommandations urgentes axées sur la mise en place d’«un plan d’urgence» qui permettra aux entreprises du secteur pharmaceutique de surmonter les contraintes qui menacent leur pérennité. Ce plan recommande notamment la levée de toutes les restrictions qui entravent l’opération d’enregistrement des médicaments fabriqués localement afin de réduire la facture d’importation des produits pharmaceutiques. Il s’agit également de réactiver le comité économique fixant les prix des médicaments, indique le communiqué, affirmant que les participants ont également recommandé aux secteurs concernés de désigner des représentants permanents pour se réunir périodiquement en vue de régler tous les dossiers ayant trait au secteur.
Les experts ont également recommandé aux pouvoirs publics de soutenir l’Agence nationale des produits pharmaceutiques. Pour eux, l’agence doit avoir des compétences humaines, mais il faut aussi la doter de moyens matériels afin de lui permettre d’atteindre ses objectifs d’une manière rapide dans le respect des conditions de santé et de sécurité requises. Ils ont également recommandé de rendre opérationnel le comité des médecins experts pour traiter en urgence les dossiers des médicaments en suspens.
Les participants à cet atelier ont, par ailleurs, sollicité le ministère de l’Energie pour accélérer l’octroi des licences liées à l’acquisition de matières sensibles et de produits chimiques dangereux utilisés dans la production des médicaments, tout en respectant les conditions de sécurité. Ils ont préconisé, en outre, la mise en place d’un cadre réglementaire spécifique aux médicaments biologiques plaidant pour la création de toutes les conditions pour réaliser la sécurité sanitaire et garantir la réussite de la santé publique à faire face aux urgences sanitaires, notamment les épidémies. Les experts ont également souligné la nécessité de promouvoir l’Agence nationale des produits pharmaceutiques en la hissant au rang des agences internationales, estimant que «cela donnera plus de fiabilité aux produits locaux, ce qui permettra de les placer sur les marchés régionaux et internationaux».
Sur la question de l’heure, les participants ont proposé que l’Agence soit sous tutelle du ministère des industries pharmaceutiques et non celle du ministère de la Santé. Ils préconisent, par ailleurs, la mise en place d’un système pour fixer les prix des produits pharmaceutiques afin de garantir l’approvisionnement des citoyens en médicaments à des prix raisonnables, tout en tenant compte des coûts réels du produit afin de ne pas pénaliser les producteurs.
Les experts ont insisté aussi sur la nécessité de renforcer le partenariat entre les centres de recherche et le secteur des industries pharmaceutiques, en incitant les opérateurs activant dans le secteur à conclure des accords de partenariat et d’organiser des rencontres périodiques avec les porteurs de projets. <