L’Etat semble mettre les bouchées doubles pour venir en aide aux entreprises en difficulté, aussi bien par la relance des sociétés à l’arrêt que par le déblocage des projets d’investissement.

PAR NAZIM BRAHIMI
Le Médiateur de la République Brahim Merad a fait part, hier, de déblocage, à cette date, de quelque 802 projets d’investissement sur un total de 915, précisant que 601 projets sont entrés en exploitation. « Cela a permis la réintégration de 34 000 travailleurs à leur poste », a affirmé M. Merad qui s’exprimé à la Télévision publique, ajoutant que le nouveau code de l’investissement, adopté récemment en session spéciale du Conseil des ministres, « est de nature à encourager les investisseurs à réaliser leurs projets, ce qui dynamisera l’investissement local et étranger ».
Par ailleurs, le ministre de l’Industrie a indiqué, jeudi, que 15 entreprises industrielles publiques, sur un total de 51, « reprendront leurs activités avant la fin de l’année en cours suite à l’adoption de plans nationaux de redressement approuvés par le Conseil de participation de l’Etat ». M. Zeghdar, qui s’exprimait en marge de la visite effectuée dans la wilaya de Tipasa, a fait cas du recensement de 51 entreprises publiques à l’arrêt en raison de difficultés financières et de problèmes accumulés au cours de périodes précédentes. « L’Etat n’abandonnera pas ces groupes industriels conformément à une feuille de route basée sur l’efficacité économique et financière, dans le cadre d’un accompagnement du gouvernement qui leur permettra de surmonter les obstacles, tout en les incitant à se repositionner sur le marché local et régional, voire même mondial », a souligné le ministre. Sur le site du complexe industriel du papier, Tonic Emballage, en difficulté depuis plusieurs années, M. Zeghdar a affirmé aux 1 881 employés du complexe que l’Etat « ne les abandonnera pas », les informant de l’adoption d’un plan d’action pour sauver l’entreprise. Il s’agit, selon le ministre, de procéder à « un changement radical des gestionnaires après confirmation de leur inaptitude à concrétiser le précédent plan de faisabilité, outre le lancement d’une expertise économique qui sera fin prête au mois de juin prochain, avant sa présentation devant le Conseil de participation de l’Etat, pour garantir le financement bancaire des investissements et le paiement des salaires des travailleurs ».
Le plan de sauvetage porte également sur « la signature d’une convention engageant les gestionnaires à la rentabilité économique et financière », a ajouté le ministre de l’Industrie, soutenant que « le rôle des pouvoirs publics se limitera à l’accompagnement des groupes industriels », expliquant que le plan en question prévoit un relèvement à 10% des capacités de production du Groupe « Tonic », actuellement estimée à 4%, une fois ses unités opérationnelles, outre la relance de l’activité de récupération du papier, à l’échelle nationale, pour réduire la facture d’importation des matières premières.
Des mesures similaires seront également engagées au profit du Groupe Africaver (Jijel), de l’entreprise de détergents de Sour El Ghozlane (Bouira) et du complexe des Pâtes alimentaires de Bouchegouf (Guelma), dont le plan de redressement et l’importation de sa production, « permettra une économie de 66 millions de dollars de devises ». Au niveau de l’unité de confection et maintenance navale (Ecorep) sise à Bouharoun, en difficultés financières aussi, et qu’il a visitée, M. Zeghdar a assuré que le Conseil de participation de l’Etat a approuvé son plan de redressement dans lequel les banques auront un rôle majeur dans le financement de leurs projets d’investissement, dans le cadre de prêts bancaires à long terme.

Récupération de plus de 2 000 ha de foncier industriel inexploité
Le ministre de l’Industrie a fait part également de la récupération de plus de 2 000 ha de foncier industriel inexploité. « Les commissions locales présidées par les walis de la République, chargées de l’assainissement du foncier industriel, ont récupéré plus de 2 000 ha, dont des terres agricoles accordées précédemment dans un cadre illégal, alors que d’autres ont été affectées à des projets fictifs », a-t-il souligné dans une déclaration à la presse, à l’issue d’une visite de travail à Tipasa.
Affirmant que l’investissement « ne sera réservé qu’aux opérateurs sérieux et réels », le ministre a déclaré que l’Algérie « fait l’objet d’importantes demandes d’investissement, tant de la part d’investisseurs nationaux qu’étrangers, de pays du Golfe, européens, la Turquie et l’Italie, entre autres ». Il a signalé, par la même occasion, la récupération d’un foncier industriel global de 107 ha dans la seule wilaya de Tipasa, « par voie administrative et à l’amiable » alors que 50 requêtes ont été introduites devant le tribunal administratif pour « annuler des contrats administratifs ».
S’agissant du règlement des dossiers d’investissement en suspens, le ministre a fait savoir que les commissions locales chargées de la levée des obstacles et de l’accompagnement des investisseurs, ont signifié leur accord de principe à 866 investisseurs pour concrétiser leurs projets, sur un total de 900 projets recensés. Il a informé que l’opération se poursuit toujours en coordination avec la Commission nationale présidée par le ministre de l’Industrie, les walis et les médiateurs de la République au niveau des wilayas.
« Nous poursuivrons la récupération des assiettes foncières inexploitées, parallèlement à l’approbation par le Conseil des ministres, de la nouvelle loi sur l’investissement, qui sera présentée devant les deux chambres du Parlement », a affirmé M. Zeghdar. n